AMPHITRYON, ACTE III, SCENE VII
Le véritable Amphitryon Est l'Amphitryon oii l'on dîne.
AMPHITBVON.
O ciel ! puis-je plus bas me voir humilié ? Quoi ! faut-il que j'entende ici , pour mon martyre, Tout ce que l'imposteur à mes yeux vient de dire, Et que , dans la fureur que ce discours m'inspire , On me tienne le bras lié!
NAUCBATÈs, à Amphitryon.
Vous vous plaignez à tort. Permettez-nous d'attendre L'éclaircissement qui doit rendre Les ressentiments de saison.
Je ne sais pas s'il impose; Mais il parle sur la chose Comme s'il avait raison.
AMPHITRYON
Allez, faibles amis , et flattez l'imposture : Thèbes en a pour moi de tout autres que vous ; Et je vais en trouver qui , partageant l'injure, Sauront prêter la main à mon juste courroux.
JUPITEB.
Eh bien ! je les attends , et saurai décider Le différend en leur présence.
AMPHITRYON
Fourbe, tu crois par là peut-être t'évader; Mais rien ne te saurait sauver de ma vengeance.
JUPITEB.
A ces injurieux propos Je ne daigne à présent répondre; Et tantôt je saurai confondre Cette fureur avec deux mots.
AMPHITRYON
Le ciel même, le ciel ne t'y saurait soustraire; Et jusques aux enfers j'irai suivre tes pas.
JDPITEB.
Il ne sera pas nécessaire ; Et l'on verra tantôt que je ne fuirai pas.
AMPHITRYON , à part.
Allons , courons , avant que d'avec eux il sorte , Assembler des amis qui suivent mon courroux ;
Et chez moi venons à main forte
Pour le percer de mille coups.