SCENE VJ
IIAUI'AGON, ANSELMR, ÉLISE, MARIANE, CI.ÉANTE, VALtRE, FROSIME, LE COM- MISSAIRE, MAITRE JACQUES, LA FLÈ- CHE.
CLÉANTE
Ne vous tourmentez point, mon père, et n'iiteun-/. personne. .l'ai déeouvert des nouvelles tie votre alïaire; et je viens ici pour vous dire que, si vous vouiez vous résoudre à me laisser épouser Marianc , votre argent vous sera r<!ndu.
HARPAGON
Ou est-il ?
CLÉANTE
Ne vous en mettez point en peine. Il est en lieu dont je réponds; et tout ne dépend que de moi. C'est à vous de me dire à quoi vous vous déterminez ; et vous pouvez choisir, ou de me donner Mariane, ou de iierdre votre cassette.
HAKPAGO.\.
IN'en a-t-on rien ôté.'
CLÉANTE
Rien du tout. Voyez si c'est votre dessein de souscrire à ce mariage, et de joindre votre consentement à celui de sa mère, qui lui laisse la liberté de faire un choix entre nous deux.
MAUiAKE, à Cléante.
Jlais vous ne savez pas que ce n'est pas assez que ce consentement , et que le ciel , ( montrant l'alère ) avec un frère que vous voyez, vient de me rendre un père, («io«/;a«< ,/«4e/»ie) dont vous avez à m'ohtenir.
ANSELME
Le ciel , mes enfants , ne me redonne point à vous pour être contraire à vos vœux. Seigneur Harpagon , vous jugez bien que le choix d'une jeune personne tombera sur le fils plutôt que sur le père : allons, ne vous faites point dire ee qu'il n'est pas nécessaire d'entendre ; et consentez , ainsi que moi , à ce double liyménée.
HABPAGON.
11 faut, pour me doiuier conseil, que je voie ma cassette.
CLEA.NTE.
Vous la verrez saine et entière.
HAItPAGUN.
Je n'ai point d'argent à donner en iiiari.ige à mes enfants.
ANSELME
Eli bien ! j'en ai pour eux ; que cela ne vous in- (piiete point.
IIAKPACON.
Vous obligerez-vous à faire tous les frais de ces deux mariages.'
ANSELME
Oui , je m'y oblige. Étes-vous satisfait.'
HARPAGON
Oui , pourvu que , pour les noces , vous me fassiez faire un habit.
ANSÏLME.
D'accord. Allons jouir de l'allégresse que cet heureux jour nous présente.
LE COMMISSAIRE
Holà! messieurs, holà! Tout doucement, s'il vous plaît. Qui me payera mes écritures?
HARPAGON
Nous n'avons que faire de vos écritures.
LE COMMISSAIRE
Oui! mais je ne prétends pas, moi, les avoir faites pour rien.
HARPAGON, montrant mailrc Jacques.
Pour votre payement, voilà un homme que je vous donne à pendre.
MAÎTRE JACQUES
Hélas! comment faut-il donc faire.' On me donne des coups de bâton pour dire vrai ; et on me veut pendre pour mentir!
ANSELME
Seigneur Harpagon , il faut hii pardonner celle imposture.
HARPAGON
^'ous payerez donc le commissaire.'
ANSELME
Soit. Allons vite faire part de notre joie à votre mère.
Et moi , voir ma chère cassette.