‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 936 sur 1284 · LKS AMA.MS MAGNIFIQUES, ACTE II, SCK.M-: VI · texte numérisé non relu

LKS AMA.MS MAGNIFIQUES, ACTE II, SCK.M-: VI

il.'ins le choix quelle a fait de vous pour un pareil emploi. Celte coiiiniission, Sostrate, vous a clt- agréable sans doute, et vous l'avez acceptée avec beaucoup de joie ?

SOSTnATE.

Je l'ai acceptée, madame, par la nécessité que mon devoir m'impose d'obéir; et si la princesse avait voulu recevoir mes excuses, elle aurait honoré quelque autre de cet emploi.

ÉRIPHILE

Quelle cause, Sostrate, vous obligeait à le relu- .ser ?

SOSTRATE

La crainte, madame, de m'en acquitter mal.

ElUPHILE.

Croyez-vous que je ne vous estime pas assez pour vous ouvrir mon cœur, et vous donner toutes les lumières que vous pourrez désirer de moi sur le sujet de ces deux princes ?

SOSTRATE

Je ne désire rien pour moi là-dessus, madame; et je ne vous demande que ce que vous croirez devoir donner aux ordres qui m'amènent.

ÉHIPHILE.

Jusqu'ici je me suis défendue de m'expliquer, et la princesse ma mère a eu la bonté de souffrir que j'aie reculé toujours ce choix qui me doit engager; mais je serai bien aise de témoigner à tout le monde que je veux faire quelque chose pour l'amour de vous; et, si vous m'en pressez , je rendrai cet arrêt qu'on attend depuis si longtemps.

SOSTRATE

C'est une chose, madame, dont vous ne serez point importunée par moi; et je ne saurais me résoudre à presser une princesse qui sait trop ce qu'elle a à faire.

ERIPHILE.

Mais c'est ce que la princesse ma mère attend de vous.

SOSTRATE

Ne lui ai-je pas dit aussi que je m'acquitterais mal de cette commission ?

ÉRIPHILE

Or çà , Sostrate, les gens comme vous ont toujours les veux pénétrants ; et je pense qu'il ne doit y avoir guère de choses qui échappent aux vôtres. N'ont-ils pu découvrir, vos yeux , ce dont tout le monde est en peine? et ne vous ont-ils point donné quelques petites lumières du penchant de mon cœur? Vous voyez les soins qu'on me rend , l'empressement qu'on me tpmoigne. Quel est celui de ces deux princes que \;ius croyez que je regarde d'un ccil plus doux ?

SOSTRATE

ne sont réglés d'ordinaire que par les intérêts qi>'on prend.

Pour qui, Sostrate, pencheriez-vous des deux? Quel est celui, dites-moi, que vous souhaiteriez que j'épousasse ?

SOSTRATE

A II ! madame , ce ne seront pas mes souhaits , mais voire inclination qui décidera de la chose.

ÉRIPHILE

Mais si je me conseillais à vous pour ce choix?

SOSTRATE

Si vous vous conseilliez à moi, je serais fort embarrassé.

ÉRIPHILE

Vous ne pourriez pas dire qui des deux vous semble plus digne de cette préférence ?

SOSTRATE

Si l'on s'en rapporte à mes yeux, il n'y aura personne qui soit digne de cet honneur. Tous les princes du monde seront trop peu de chose pour aspirer à vous ; les dieux seuls y pourront prétendre ; et vous ne souffrirez des hommes que l'encens et les sacrifices.

ERIPHILE.

Cela est obligeant, et vous êtes de mes amis : mais je veux que vous me disiez pour qui des deux vous vous sentez plus d'inclination , quel est celui que vous mettez le plus au rang de vos amis.

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