‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 96 sur 1284 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Si vous ne m'assurez, au moins, absolument, Que vous gardez pour moi le même sentiment ; Que pareille chaleur d'amitié vous transporte , Et que, si j'étais fille, une flamme plus forte N'outragerait point celle où Je vivrais pour vous.

VALÈBB.

Je n'avais jamais \u ce scrupule jaloux ;

Mais, tout nouveau qu'il est, ce mouvement m'oblige.

Et je vous fais ici tout l'aveu qu'il exige.

ASCAGNE

Mais sans fard?

VALÈBB.

Oui, sans fard.

ASCAGNE

S'il est vrai , désormais Vos intérêts seront les miens , je vous promets.

VALÈBE.

J'ai bientôt à vous dire un important mystère, Où l'effet de ces mots me sera nécessaire.

ASCAGNE

Et j'ai quelque secret de même à vous ouvrir , Où votre cœur pour moi se pourra découvTir.

VALÈBE.

Eh ! de quelle façon cela pourrait-il être?

ASCAGNE

C'est que j'ai de l'amour qui n'oserait paraître, Et vous pourriez avoir sur l'objet de mes vœux Un empire à pouvoir rendre mon sort heureux.

VALÈRE

Expliquez-vous , Ascagne ; et croyez , par avance , Que votre heur est certain, s'il est en ma puissance.

ASCAGNE

Vous promettez ici plus que vous ne croyez.

Non , non ; dites l'objet pour qui vous m'employez.

ASCAGNE

Il n'est pas encor temps ; mais c'est une personne Qui vous touche de près.

VALÈBE.

Votre discours m'étonne.

Plût à Dieu que ma sœur...

ASCAGNE

Ce n'est pas la saison De m'expliquer, vous dis-je.

VALÈBE.

Et pourquoi ?

ASCAGNE

Pour raison.

Vous saurez mon secret quand je saurai le vôtre.

VALÈBE.

J'ai besoin pour cela de l'aveu de quelque autre.

ASCAGNE

Ayez-le donc; et lors , nous expliquant nos vœux. Nous verrons qui tiendra mieux parole des deux.

LE DÉPIT AMOUREUX

TALÈBE.

Adieu, j'en suis content.

Et moi content , Valère.

( J'alère sort.)

FEOSISE.

Il croit trouver en vous l'assistance d'un frère.

Page 1