‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 996 sur 1284 · LUCILE, CLÉONTE, COVIELLE, NICOLE · texte numérisé non relu

LUCILE, CLÉONTE, COVIELLE, NICOLE

NICOLE, à I.ucile.

Pour moi, j'en ai été toute scandalisée.

LUCILE

Ce ne peut être, Nicole, que ce que je te dis. Mais le voilà.

CLÉONTE , à CovieUe.

Je ne veux pas seulement lui parler.

Je veux vous imiter.

LUCILE

Qu'est-ce donc, Cléonte? qu'avcz-vous?

NICOLE

Qu'as-tu donc , Covielle ?

LUCILE

Quel chagrin vous possède?

NICOLE

Quelle mauvaise humeur te tient?

LUCILE

Êtes-vous muet, Cléonte?

NICOLE

As-tu perdu la parole, Covielle?

CLÉONTE

Que voilà qui est scélérat!

COVIELLE

Que cela est Judas!

LUCILE

Je vois bien que la rencontre de tantôt a (rouble votre esprit.

CLÉONTE, « Covielle.

Ah! ah! On voit ce qu'on a fait.

Notre accueil de ce matin t'a fait prendre la chè\Te ■ .

COVIELLE, à Cléonte.

On a deviné l'enelouure.

LUCILE

N'est-il pas vrai, Cléonte, que c'est là le sujet de votre dépit ?

CLÉONTE

Oui , perfide , ce l'est , puisqu'il faut parler ; et j'ai ù

' Prendre lu chrvre , se Mclicr : celle expression vient de ce (|iie la chèvre est un nniraal impalicnl el cipricieux , de sorte ((lie prendre la clui-reeil comme si l'on disait, imiter la chèvre dans ses honds , dans son emportement et dans ses caprices. (MÉN.)

vous dire que vous ne triompherez pas, comme vous pensez , de votre infidélité ; que je veu,x être le premier à rompre avec vous, et que vous n'aurez pas l'avantage de me chasser. J'aurai de la peine, sans doute, à vaincre l'amour que j'ai pour vous; cela me causera des chagrins, je souffrirai un temps; mais j'en viendrai à bout, et je me percerai plutôt le cœur que d'avoir la faiblesse de retourner à vous.

COVIELLE, à Aicole.

Queussi, queumi '.

LUCILE

Voilà bien du bruit pour un rien! Je veux vous dire, Cléonte, le sujet qui m'a fait ce matin éviter votre abord.

CLÉONTE, voulant s'en aller pour éviter Lucile.

Non , je ne veux rien écouter.

NICOLE, à Covielle.

Je te veux apprendre la cause qui nous a fait passer si vite.

COVIELLE, voulant aussi s 'en aller pour éviter Nicole.

Je ne veux rien entendre.

LUCILE , suivant Cléonte.

Sachez que ce matin...

CLÉONTE , marchant toujours sans regarder Lucile.

Non , vous dis-je.

NICOLE, suivant Covielle.

Apprends que...

COVIELLE, marchant aussi sans regarder Nicole.

Non, traîtresse!

LUCILE

Ecoutez.

Point d'affaire.

T^aisse-moi dire.

Je suis sourd.

Cléonte!

Kon.

Covielle !

Point.

.Arrêtez.

Chansons !

Entends-moi.

CLÉONTE

NICOLE

CLÉONTE

NICOLE

COVIELLE

LUCILE

CLÉONTE

NICOLE

' Expression encore en usage parmi les villageois des en» i • rons de Paris; elle signifie tout de même, sans aucune différence. ( P. )

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