ACTE II, SCÈNE V
fait Tlioiineur de me tenir pour son ami , prend confiance en moi, et me donne une bague à garder pour l’amour de lui. (A monsieur de Pourccaugnac.) Oui, je trouve que je puis vous dire les choses sans blesser ma conscience ; mais tâchons de vous les dire le plus doucement qu’il nous sera possible, et d’épargner les gens le plus que nous pourrons. De vous dire que cette fille-là mène une vie déshonnête, cela seroit un peu Irop fort. Cherchons, pour nous expliquer, quelques termes plus doux. Le mot de galante aussi n’est pas assez ; celui de coquette achevée me semble propre à ce que nous voulons, et je m’en puis servir pour vous dire honnêtement ce qu’elle est.
MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.
L’on me veut donc prendre pour dupe ?
SBRICANI.
Peut-être, dans 1e fond, n’y a-t-il pas tant de mal que tout le monde croit ; et puis il y a des gens, après tout, qui se mettent au-dessus de ces sortes de choses, et qui ne croient pas que leur honneur dépende...
MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.
Je suis votre serviteur; je ne me veux point mettre sur la tête un chapeau comme celui-là; et l’on aime à aller le front levé dans la famille des Pourceaugnac.
SBRIG.ANI.
Voilà le père.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAOi
Ce vieillard-là ?
SBRIGANI
Oui. Je me retire.