‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 114 sur 593 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

fait Tlioiineur de me tenir pour son ami , prend confiance en moi, et me donne une bague à garder pour l’amour de lui. (A monsieur de Pourccaugnac.) Oui, je trouve que je puis vous dire les choses sans blesser ma conscience ; mais tâchons de vous les dire le plus doucement qu’il nous sera possible, et d’épargner les gens le plus que nous pourrons. De vous dire que cette fille-là mène une vie déshonnête, cela seroit un peu Irop fort. Cherchons, pour nous expliquer, quelques termes plus doux. Le mot de galante aussi n’est pas assez ; celui de coquette achevée me semble propre à ce que nous voulons, et je m’en puis servir pour vous dire honnêtement ce qu’elle est.

MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.

L’on me veut donc prendre pour dupe ?

SBRICANI.

Peut-être, dans 1e fond, n’y a-t-il pas tant de mal que tout le monde croit ; et puis il y a des gens, après tout, qui se mettent au-dessus de ces sortes de choses, et qui ne croient pas que leur honneur dépende...

MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.

Je suis votre serviteur; je ne me veux point mettre sur la tête un chapeau comme celui-là; et l’on aime à aller le front levé dans la famille des Pourceaugnac.

SBRIG.ANI.

Voilà le père.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAOi

Ce vieillard-là ?

SBRIGANI

Oui. Je me retire.

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