‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 138 sur 593 · ACTE III, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X

JULIE

Non, je n’en ferai rien.

OROME.

Je fe donnerai sur les oreilles.

ÉRASTE

Non, non, monsieur; ne lui faites point de violence, je vous en prie.

ORONTE

C’est à elle à m’obéir, et je sais me montrer le maître.

ÉRASTE

Ne voyez-vous pas l’amour qu’elle a pour cet homme-là ? et voulez-vous que je possède un corps dont un autre possède le cœur ‘ ?

ORONTE

C’est un sortilège qu’il lui a donné ; et vous verrez qu’elle changera de sentiment avant qu’il soit peu. Donnez-moi votre main. Allons.

JULIE

Je ne...

ORONTE

Ah ! que de bruit ! Çà , votre main , vous dis-ie. Ah ' ah ! ah !

ÉRASTE, à Julie.

Ne croyez pas que ce soit pour l’amour de vous que je vous donne la main : ce n’est que de monsieur voire père dont je suis amoureux, et c’est lui que j’épouse.

ORONTE

Je vous suis beaucoup obligé ; et j’augmente de dix mille écus le mariage de ma fille. Allons, qu’on fasse venir le notaire pour dresser le contrat.

ÉRASTE

En attendant qu’il vienne, nous pouvons jouir du divertissement de la saison , et faire entrer les masques que le bruit des noces de monsieur de Pourceaugnac a attirés ici de tous les endroits de la ville.

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