‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 150 sur 593 · ACTE I, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IL

no

AttlSTlONE.

Ef Clitiilas a-t-il vu cela?

CMTIOAS.

Oui, madame; mais du livage.

ARISTIONE.

Et pourquoi du rivage?

CmiDAS.

Ma foi, madame, j’ai craint quelqu’un des accidents qui arrivent d’ordinaire dans ces confusions. Cette nuit j’ai songé de poisson mort et d’œufs cassés; et j’ai appris du seigneur Anaxarque que les œufs cassés et le poisson mort signifient malenconlre.

ANAXARQEE.

Je remarque une chose : que Clitidas u’auroil rien à dire, s’il ne parloil de moi.

CUTIDAS.

C’est qu’il y a tant de choses à dire de vous, qu’on n’en sauroil parler assez.

AN.AXARQIE.

Vous pourriez prendre d’autres matières, puisque je vous en ai prié.

CXITIDAS.

Le moyen? ne dites-vous pas que l'ascendant est plus fort f[ue tout? et s’il est écrit dans les astres que je sois enclin à parler de vous, comment voulez-vous que je résiste à ma destinée?

ANAXARQl K.

.'Vvec tout le respect, madame, que je aoiis dois, il y a line chose qui est fâcheuse dans votre cour, que tout le inonde y prenne liberté de parler, et ([ue le plus honnéli' homme y soit exposé aux railleries du premier méchant jilaisant.

Page 1