‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 183 sur 593 · CI.ÉONICE · texte numérisé non relu

CI.ÉONICE

Madame, je viens vous dire qu’Anaxai’que a jusqu’ici abusé l’un et l’autre prince, par l’espérance de ce choix qu’ils poursuivent depuis' longtemps ; et' qu’au bruit qui s’est répandu de votre aventure, ils ont fait éclater tous deux leur ressentiment contre lut, jusque-là que, de paroles en paroles, les choses- se sont échauffées, et il en a reçu quelques blessures dont ou ue sait pas bien ce qui arrivera. Mais les voici.

SCÈNE IV. — ARISTIONE, ÉRIPHILE, IPHICR.4TE, TIMOCLÈS, SOSTRATÈ, CLEONICE, CLITIDAS.

, ARISTIONE. -

Princes, vous agissez tous deux avec une violence bien grande! et si Anaxavque a pu vous offenser, j’étois pour vous en faire justice moi-même.

IPUICRATE.

Et quelle justice, madame, auriez-vous pu nous faire de lui , si vous la faites si peu à notre rang dans le choix que vous embrassez?

ARISTIONE.

Ne vous êtes-vous pas soumis run et l’autre a ce que pourroient décider, ou les ordres du ciel, ou l’inclination de

ma tille?

TlMOlXES. ^

Oui, madame, nous nous sommes Soumis a ce qii ils pourroicut décider entre le priiur Iphicratc et moi , mais non pas à nous voir rebutes tous deux.

ARISTIONE.

Et si chacun de vous a bien pu se résoudre à sinillrir uac prélerence, que vous arrivM-il à tous doux ou mus ne soyez preparé-s? et que peuvent importer a 1 un cia l’autre les intérêts de son rival?

SIXIÈME INTERMEDE.

IPIIICUATE.

Oui, madame, U imporle. C’est quelque consolation de se voie préférer un homme qui vous est égal; et votre aveuglement est une chose épouvantable;

ARISTIONE.

Prince , je ne veux pas me brouiller avec une personne qui m’a fait tant de grâce que de me dire des douceurs ; et je vous prie, avec toute l’honnêteté qu’il m’est possible, de donner à votre chagrin un fondement plus raisonnable; de vous souvenir, s’il vous plaît, que Soslrate est revêtu d’un mérite qui s’est fait connoître à toute la Grèce, et que le rang où le ciel l’élève aujourd’hui va remplir toute la distance qui étoit entre lui et vous.

IPIIICUATE.

Oui, oui, madame, nous nous en souviendrons. Mais peutêtre aussi vous souviendrez-vous que deux princes outragés ne sont pas deux ennemis peu redoutables.

TIMOCLCS.

Peut-être , madame , qu’on no goûtera pas longtemps la joie du mépris que l’on fait de nous.

ARISTIO.NE

Je pardonne toutes ces menaces aux chagrins d’un amour qui se croit offensé ; et nous n’en verrons pas avec moins de tranquillité la fête des jeux pythiens. Allons-y de ce pas, et couronnons, par ce pompeux spectacle, cette merveilleuse journée.

SIXIÈME INTERMÈDE

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