‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 20 sur 593 · SCÈNE VIII - ÉLISE, VALÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII - ÉLISE, VALÈRE

Vous moquez-vous, Valère, de lui parler comme vous faites?

VALÙRE.

C’est pour ne point l’aigrir, et pour en venir mieux 'à bout. Heurter de front ses sentiments est le moyen de tout

‘ Dans la pièce latine, Mégadore fait scs propositions de mariage : Euclion v consent, mais à une condition : Je veux bien, dit-il, que cet hjmen sacenm'plisse; maisn oubliez pas que vous vous êtes engagé à prendre ma lille sans dot.

Faxinl; Ülml facUo til mcmincris

Convenisso ut ne qiiid dotis mea ad te alfcrrol lilia.

(Pctiloi.)

L’AVARE

pâler ; et il y a de certains esprits qu’il ne faut prendre qu’eu biaisant; des tempéraments ennemis de toute résistance; des naturels rétifs, que la vérité fait cabrer, qui toujours se roidissent contre le droit chemin de la raison , et qu’on ne mène qu’en tournant où l’c veut les conduire. Faites semblant de consentir a ce qu’il veut, vous eu viendrez mieux à vos tins; et...

liusE.

Mais ce mariage, Valère î

VALÈnE.

On cherchera des biais pour le rompre.

Mais quelle invention trouver, s’il se doit conclure ce soir ?

VA 1ÈRE

Il faut demander un délai, et feindre quelque maladie.

ÉLISE

-Mais on découvrira la feinte, si l’on appelle des médecins.

VALÈRE

Vous moquez-vous? Y connoissent-ils quelque chose? Allez , allez , vous pourrez avec eux avoir quel mal il vous plaira ; ils vous trouveront des raisons pour vous dire d'où cela vient.

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