SCÈNE I. - CLÉANTE, LA FLÈCHE
CLÉANTE
Ah ! traître que tu es ' où t’es-tu donc • allé fourrer ? Ne t’avois-je pas donné ordre...
LA FLÈCHE
Oui, monsieur ; et je m’étois rendu ici pour vous attendi’e de pied ferme ; mais monsieur votre père , le plus malgracieux des hommes , m’a chassé dehors malgré mol , et j’ai couru risque d’être battu.
Gomment va notre affaire? Les choses pressent plus que jamais; et depuis que je t’ai vu, j’ai découvert que mon pcre est mon rival.
LA FLÈCHE
Votre père amoureux?
CLÉANTE
Oui ; et j’ai eu toutes les peines du monde à lui cacher le trouble où cette nouvelle m’a mis.
LA FLÈCHE
Lui, se mêler d’aimer ! De quoi diable s’avise-t-il? Se moque-t-il du monde? Et l’amour a-t-il été fait pour dos gens bâtis comme lui?
CLÉANTE
Il a fallu, pour mes péchés, que cette passion lui soit venue en tête.
LA FLÈCHE
Mais par quelle raison lui faire un mystère de >otre amour?
CLÉANTE
Pour lui donner moins de soupçon, et me conser>er, au besoin , dos ouvertures plus aisées pour détourner ce mariage. Quelle réponse t'a-t-on faite?
LA FLÈCHE
Ma foi, monsieur, ceux qui empruntent sont bien malheureux ; et il faut essuyer d’étranges choses lorsqu’on est réduit à passer, comme vous, par les mains des fesse* matihieux