‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 234 sur 593 · SCÈNE XIV. — CLÉONTE, COVIELLE · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV. — CLÉONTE, COVIELLE

COVIELLE

Vous avez fait de belles affaires, avec vos beaux sentiments!

CLÉONTE

Que veux-tu? j’ai un scrupule là-dessus que l’exemple ne sauroit vaincre.

COVIELLE

Vous moquez-vous, de le prendre sérieusement avec un homme comme cela? Ne voyez-vous pas qu’il est fou? et vous coûtoit-il quelque chose de vous accommoder à ses chimères?

CLÉONTE

Tu as raison ; mais je ne croyois pas qu’il fallût faire ses preuves de noblesse pour être gendre de monsieur Jourdain.

Ah! ah! ah!

De quoi ris-tu ?

CLEONTE.

COVIELLE

Dune pensée qui me vient pour jouer notre homme, et vous faire obtenir ce que vous souhaitez.

Comment?

COVIELLE

L’idée est tout à fait plaisante.

CLÉONTE

Quoi donc ?

COVIELLE

Il s’est fait depuis peu une certaine mascarade qui vient le mieux du monde ici, et que je prétends faire entrer dans une bourlc‘ que je veux faire à notre ridicule. Tout cela sent un peu sa comédie ; mais , avec lui , on peut hasarder toute chose; il n y faut point chercher tant de façons, et il est homme a y jouer son rôle à merveille, et à donner aisé-

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(Ménage.)

LE BOURGEOIS GENTILHOMME

ment dans toutes les fariboles qu’on s’avisera de lui dire. J’ai les acteurs, j’ai les habits tout prêts; laissez-moi faire seulement.

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