CI.ÉANTE
Que la peste l’étouffe avec sa discrétion , le traître , le bourreau qu’il est! A-t-on jamais parlé d’une usure semblable.^ Et n’est-il pas content du furieux intérêt qu’il exige, sans vouloir encore m’obliger à prendre pour trois mille livres les vieux rogatons qu’il ramasse ? Je n’aurai pas deux cents écus de tout cela ; et cependant il faut bien me résoudre à consentir à ce qu’il veut; car il est en état de me faire tout accepter, et il me tient, le scélérat, le poignard sur la gorge.
LA FLÈCHE
Je vous \ois, monsieur, ne vous en déplaise, dans le grand chemin justement que tenoit Panurge pour se ruiner, prenant argent d’avance, achetant cher, vendant à bon marché, et mangeant son blé en herbe 2.
' la Belle Plaideuse, com<!(lie de Boisroljert, jouée l'au parait avoir
rourni à Molière l'idée de oet inventaire. Voici ia scène de Boisrobert. Pbilipin, valet d'Brgastc, a trouve un usurier qui veut bien lui prêter son argent.
A votre père il feroit des leçons.
Tèleblcu, qu'il en sait, et qu'il fait de façons!
C'est le fcssc-iTialtbieu le plus franc que je sache.
J'ai pensé lui donner deux fois sur la moustache.
Il veut bien nous fournir les quinze mille francs;
Mais, monsieur, les deniers ne sont pas tous complanis.
Admirez le caprice injnsle do cet homme:
Encor qu'au denier douze il pièle cette somme Sur bonne caution, il n'a que mille écus Qu’il donne argent comptant.
F.IIGASTK.
Ou donc est le surplus?
pmi.tPiN.
Je ne sais si je puis vous le conter sans rire;
Il dit que du cap Vert il lui vient un navire;
Et fournil le surplus de la somme en guenons,
En fort beaux perroquets, en douze gros canons,
Moitié fer, moitié fonte, et qu'on vend i la livre.
Si vous voulez ainsi la somme, on vous la livre, etc.
’ C'est le texte même de Babelais . < Aliatlant bols, bruslant les grosses sou- » ebes pour la vente des cendres, prenant argent d'avance, acheptant cher, ven- » dant à bon marche, et mangeant son bled en lierbe. > (I.iv. III, ch. ii.)