ACTE I, SCÈNE VI
PSYCHÉ
C’est pour louer le eicl , et me voir hors d’effroi ,
De savoir que je n’aie à craindre que pour moi.
Mais apprends-moi, Lycas, le sujet qui te touche.
LYCAS
Souffi’ez que j’ohéisse à qui m’envoie ici,
Madame, et qu’on vous laisse apprendre de sa houche Ce qui peut m’aftliger ainsi.
PSYCHÉ
Allons savoir sur quoi l’on craint tant ma foiblcsse. SCÈNE V. - AGLAURE , CIDIPPE , LYCAS.
AGLAURE
Si ton ordre n’est pas jusqu’à nous étendu ,
Dis-nous quel grand malheur nous couvre ta tristesse.
LYCAS
Hélas! ce grand malheur, dans la cour répandu, Voyez-le vous-même, princesse.
Dans l’oracle qu’au roi les destins ont rendu.
Voici scs propres mots, que la douleur, madame,
A gravés au fond de mon ame :
« Que l’on ne pense nullement » A vouloir de Psyché conclure l’hyménée ;
» Mais qu’au sommet d’un mont elle soit 'promptement 1) En pompe funèbre menée ,
» Et que , de tous abandonnée ,
» Pour époux elle attende en ces lieux constamment » Un monstre dont on a la vue empoisonnée,
» Un serpent qui répand son venin en tous lieux,
» Et trouble dans sa rage et la terre et les cieux. i> Après un arrêt si sévère ,
.le vous q'uittc , et vous laisse à juger entre vous Si, par de plus cruels et plus sensibles coups.
Tous les dieux nous pouvoient expliquer leur colère.