‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 294 sur 593 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Quo (le laisser régner les tendresses de père Jusque dans les yeu\ d’un grand roi.

Ce qu’on vous voit ici donner à la nature,

Au rang que vous tenez, seigneur, fait trop d’injure,

Et j’en dois refuser les touchantes faveurs.

Laissez moins sur votre sagesse Prendre d’empire cà vos douleurs ,

El cessez d’honorer mon destin par des pleurs Qui dans le cœur d’un roi montrent de la foiblesse.

LE ROI

Ah! ma fille, à ces pleurs laisse mes yeux ouverts.

Mon deuil est raisonnable, encor qu’il ^oit extrême ;

Et lorsque pour toujours on perd ce que je perds ,

La sagesse, crois-moi, peut pleurer elle-même.

En vain l’orgueil (lu diadème Veut qu’on soit insensible à ces cruels revers ;

En vain de la raison les secours sont offerts Pour vouloir d’un œil sec voir mourir ce qu’on aime , L’effort en est barbare aux yeux de l’univers,

El c’est brutalité plus que vertu suprême'.

Veut détruire tant de beauté!

Im|iitojable cie), par celte barbarie Voulez-vous surmonlPi* l’enfer eu cruauté?

-UN HOMME AFFLIGÉ

Dieu plein de haine !

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