ACTE III, SCÈNE III
Contester sur leurs agréments Avec l’or et les pierreries ;
Vous n’entendrez que des concerts charmants;
De cent beautés vous y serez servie,
Qui vous adoreront sans vous porter envie,
Et brigueront à tous moments,
DTme ame soumise et ravie ,
L’honneur de vos commandements.
PSYCHÉ
Mes volontés suivent les vôtres ;
Je n’cu saurois plus avoir d’autres :
Mais votre oracle enfin vient de me séparer De deux sœurs et du roi mou père ,
Que mon trépas imaginaire Réduit tous trois à me pleurer.
Pour dissiper l’erreur dont leur ame accablée De mortels déplaisirs se voit pour moi comblée,
Souffrez que mes sœurs soient témoins Et de ma gloire et de vos soins.
Prètez-leur, comme à moi, le§ ailes du Zéphyre,
Qui leur puissent de votre empire ,
.\insi qu’à moi, faciliter l’accès ;
Faites-leur voir en quel lieu je respire ;
Faites-leur de ma perte admirer le succès.
l’amour.
Vous ne me donnez pas , Psyché , toute votre ame ;
Ce tendre souvenir d’un père et de deux sœurs Me vole une part des douceurs Que je veux toutes pour ma flamme.
N’ayez d’yeux que pour mpi, qui n’en ai que pour vous. Ne songez qu’à m’aimer, ne songez qu’à me plaire :
Et, quand de tels soucis osent vous en distraire...
PSYCHÉ
Des tendresses du sang peut-on être jaloux?
l’ AMOUR.
Je le suis, ma Psyché, de toute la nature.
Les rayons du soleil vous baisent trop souvent;
Vos cheveux souffrent trop les caresses du vent;
Dès qu’il les flatte, j’en murmure :
L’air même que vous respirez Avec trop de plaisir passe par votre bouche ;
psYCut:.
Votre habit de trop près vous touche;
Et, sitôt que vous soupirez,
Je ne sais quoi qui m’effarouche Craint, parmi vos soupirs, des soupirs égarés Mais vous voulez vos sœurs; allez, partez, Zéphyre; Psyché le veut, je ne l’en puis dédire*.
(Zéphyre s‘cnvolc.1