‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 355 sur 593 · SCÈNE IV. — OCTAVE, SCAPIN, SYLVESTRE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — OCTAVE, SCAPIN, SYLVESTRE

SCAPIN , à Octave.

Et vous, préparez-vous à soutenir avec fermeté l’abord de votre père. ,

OCTAVE

Je t’avoue que cet abord me fait trembler par avance; et j’ai une timidité naturelle que je ne saurois vaincre.

SCAPIN

Il faut pourtant paroître ferme au premier choc, de peur que, sur votre foiblesse, il ne prenne le-piedde vous mener comme un enfant. Là , tâchez de vous composer par élude un peu de hardiesse; et songez à répondre résolument sur tout ce qu’il vous pourra dire.

OCTAVE

Je ferai du mieux que je pourrai.

f SC.APIN.

Çà , essayons un peu , pour vous accoutumer. Répétons un peu votre rôle, et voyons si vous ferez bien. Allons; la mine résolue, la tête haute, les regards assurés.

OCTAVE

Comme cela?

SC.APIN

Encore un peu davantage.

OCTAVE

Ainsi?

SC.IPIN.

Bon. Imaginez-vous que je suis votre père qui arrive, et répoiulez-moi fermement, comme si c’étoit à lui-même. Comment! pendard, vaurien, infâme, fils indigne d’un père comme moi , oses-tu bien paroilrc devant mes yeux , après tes bons déporlemcnls, après le lâche tour que lu m’as joué pendant mon absence? Est-ce là le fruit de mes soins, ma-

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