ACTE II, SCÈNE V
LIÎANDRE, voulant frapper Scapin.
Tu ne veiix pas parler?
SCAPIN
Hé!
OCTAVE, retenant Léandre.
Tout doux!
SCAPIN
Oui, monsieur ; il est vrai qu’il y a trois semaines que vous m’envoyâtes porter, le soir, une petite montre à la jeune Égyptienne que vous aimez. Je revins au logis, mes habits tout couverts de boue, et le visage plein de sang , et vous dis que j’avois trouvé des voleurs qui m’avoient bien battu, et m’avoient dérobé la montre. C’étoitmoi, monsieur, qui l’avois retenue.-
, LÉANDRE
C’est toi qui as retenu ma montre?
SCAPIN
Oui, monsieur, afin de voir quelle heure il est.
LÉANDRE
Ah! ah! j’apprends ici de jolies choses, et j’ai un serviteur fort fidèle, vraiment! Mais ce n’est pas cela encore que je demande.
SCAPIN
Ce n’est pas cela?
LÉANDRE
Non, infâme; c’est autre chose encore que je veux que tu me confesses.
"SC.APIN, à part.
Peste !
LÉANDRE
Parle vite, j'ai hâte.
Monsieur, voilà tout ce que j’ai fait.
LEANDRE, voulant frapper Scapin.
Voilà tout?
OCTAYEj se menant au-devant de Léandre.
Hé!
SCAPIN
Hé bien! oui, monsieur. Vous vous souvenez de ce loupgarou, il y a six mois, qui vous donna tant de coups de bà-
FÆS FOURBERIES DE SCAPIN
Ion la nuit, et \ous pensa faire rompre le cou dans une cave où vous tombâtes en fuyant.
LIÎANDRE.
Hé bien !
SCAIMN,
C’éloit moi, monsieur, qui faisois te loup-garou.
- LÉA^DRE
C’éloit toi, traître, qui faisois le loup-garou ?
SCAPIN
Oui, monsieur; seulement pour vous faire peur, et vous ôter l’envie de nous faire courir toutes les nuits comme vous aviez coutume.
LÉANDRE
Je saurai me souvenir , en temps et lieu , de tout ce que je viens d’apprendre. Mais je veux venir au fait , et que tu me confesses ce que lu as dit à mon père.
SC-APIN
A votre père?