‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 396 sur 593 · SCÈNE VU. — GÉRONTE, ARGANTE , SYLVESTRE · texte numérisé non relu

SCÈNE VU. — GÉRONTE, ARGANTE , SYLVESTRE

GÉRONTE

Ah ! seigneur Argante, vous me voyez accablé de disgrâce.

ARGANTE

Vous me voyez aussi dans un accablement horrible.

GÉRONTE

Le pendard de Scapin , par une fourberie , m’a attrapé cinq cents écus.

ARGANTE

Le même pendard de Scapin , par une fourberie aussi , m’a attrapé deux cents pistoles. ,

11 ne s’est pas conteuté de m’attraper cinq cents cens ; il m’a traité d’une manière que j’ai honte de dire. Mais il me la paiera.

ARGANTE

Je veux qu’il me fasse raison de la pièce qu’il m’a jouée.

GÉRONTE

Et je prétends faire de lui une a engeance exemplaire.

SYLVESTRE , à pai l.

Plaise au ciel que, dans tout ceci, je n’aie point ma part!

GÉRONTE

Mais ce n’est pas encore tout, seigneur Argante; et un malheur nous est toujours l’avant-coureur d’un autre. Je me réjouissais aujourd’hui do l’espérance d’avoir ma fille ,

' Faire patser a quelqu’un la plume par le bec, l’allraper, le duper, sans qu'il puisse IC plaindre. (F. Gënin.)

€ Pour empêcher les oiions de traverser les haies et d'entrer dans les jardins qu'elles eiiloureni, on passe une plume par les deux ouvertures qui sont à la partie supérieure de leur hcc. Do là le provethe passer la plume par le bec.

(Auger.)

ni.

470 LES FOURBERIES DE SCAPIN

dont je faisois toute ma consolation ; et je viens d’apprendre de mon homme qu’elle est partie il y a longtemps de Tarente, et qu’on y croit qu’elle a péri dans le vaisseau où elle s’embarqua.

Mais pourquoi, s’il vous plaît, la tenir à Tarente, et ne vous être pas donné la joie de l’avoir avec vous?

GÉRONTE

J’ai eu mes raisons pour cela ; et des intérêts de famille m’ont obligé jusques ici à tenir fort secret ce second mariage. Mais que vois-je ?

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