‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 403 sur 593 · COMÉDIE · texte numérisé non relu

COMÉDIE

NOTICE

Voici ce qu’oii lit à propos de cette pièce dans l’avertissement de l’édition de 1739 :

« Le roi s’étant proposé de donner un divertissement à Madame, à son arrivée à la cour, choisit les plus beaux endroits des ballets qui avoient été représentés devant lui depuis quelques années, et ordonna à Molière de composer une comédie qui enchaînât tous^ces morceaux différents dé musique et de danse. Molière composa pour cette fête la Comtesse d’Escarbagnas, comédie en prose, et une pastorale. Ce divertissement parut à Saint-Germain-en-Laye, au mois de décembre 1671, sous le titre de Ballet des Ballets. Ces deux pièces composoient sept actes, qui étoient précédés d’un prologue, et qui étoient suivis chacun d’un intermède. La Comtesse d’Escarbagnas ne parut sur te théâtre du Palais-Royal qu’en un acte, au mois de juillet 1672, telle qu’ou la joue encore aujourd’hui, et telle qu’elle est imprimée : il y à apparence qu’elle a été divisée d’abord en .plusieurs actes. « — La pastorale, dont il ne reste rien, précédait sans doute la vingt et unième scène; car c’est là que tout le monde est assemblé pour voir le divertissement que la comtesse doit recevoir du vicomte.

Voltaire, en parlant de la Comtesse d’Escarbagnas, dit que c’est une farce, mais une farce toute remplie de caractères parfaitement étudiés et qui offre la peinture naïve des ridicules de la province. « Les longues excursions de Molière dans différentes provinces, dit M. Taschereau, avaient fourni à son esprit contemplateur de favorables occasions d’y étudier et d’y saisir mille ridicules divers. Alors plus qu’aujourd’hui, les habitudes des provinciaux contrastaient avec celles des habitants de la

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capitale. Des relations plus rares avec Paris, une ignorance complète du luxe et de ses prestiges brillants, peu d’amour des plaisirs, donnaient à la province une grande supériorité sur la métropole sous le rapport des mœurs, mais l’empêchaient absolument de s’initier à ce savoir-vivre aimable que les grandes villes acquièrent presque toujours aux dépens de leur moralité, et de se dépouiller de cette simplicité grossière, source féconde de vertus comme de ridicules. Cependant notre premier comique, se contentant d’esquisser plus d’un de ces travers dans quelques cadres qu’ils ne remplissaient pas seuls, comme dans Georges Landin, n’y consacra entièrement que la Comtesse dEscarbagnas. »

Le rôle de M. Harpin, dans lequel l’insolence, la galanterie grossière des traitants sont poui* la première fois mis en scène, semble avoir inspiré à Lesage l’idée de Turcaret.

PERSONNAGES

LA COMTESSE D’ESCARBAGNAS '

LE COMTE, fils de la comlesse d'Escarhagoas LE VICOMTE, araanl de Julie*.

JULIE , amante du vicomte *.

MONSIEUR TIBAUDIER, conseiller, amant delà comtesse*. MONSIEUR HARPIN, receveur des tailles, autre amant de la comtesse*. MONSIEUR BOBINET, précepteur de M. le comte*.

ANDRÉE, suivante de la comtesse*.

JEANNOT, laquais de M. Tibaudier*.

CRIQUET , laquais de la comlesse

La scène est à Angoulême.

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