ACTE III, SCÈNE XII
CLÉANTE
N’esl-il pas vrai, mon père, que vous voulez que madame le garde pour l’amour de vous? ^
HARPAGON, bas, à son (ils.
Comment? ' “
CRÉANTE, à Mai'iane.
llellc demande! il me fait signe de vous le faire accepter.
JIAUIANE.
Je ne veux point...
CRÉANTE, à Hariane.
Vous moquez-vous? Il n’a garde de le reprendre.
HARP.AG0N, à part.
J’enrage !
MARIANE
Ce seroit...
CREANTE, empêchant toujours Maiiane de rendre le diamant.
Non, VOUS dis-je, c’est l’offenser.
M.\RIANE.
De grâce...
CRÉANTE.
Point du tout.
HARPAGON, à part.
Peste soit. . .
CRÉANTE.
Le voilà qui se scandalise de votre refus.
H.ARPAGON, ))as, à son (ils.
Ah! traître!
CLEANTE, à Mai'iane.
Vous voyez qu’il se désespère.
HARPAGON, has, à son fils, en le menaçant.
Bourreau que tu es !
CRÉANTE.
Mon^ père, ce n est pas ma faute. Je fais ce que je puis ■pour l’obliger à la garder; mais elle est obstinée.
HARPAGON, bas, à son fils, en le menaçant.
Pendard !
CRÉANTE.
^ous êtes cause, madame, que mon père me querelle.
harpagon, bas, à son fils, avec les mêmes gestes. l..e coquin ! '
L’AVARE
CliÉANTE, à Hariane.
Vous le ferez tomber malade. De graro , madame, ne résistez point davantage.
FROSINE, à Marianc.
Mon Dieu ! que de façons ! Gardez la bague, puisque monsieur le veut.
MAIUANE , à Harpagou.
Pour ne vous point mettre en colère, je la garde maintenant, et je prendrai un autre temps pour vous ta rendre*.
SCÈNE XIII. - HARPAGON, MARIANE, ÉLISE, CLÉANTE, VALÈRE, FROSINE, BRINDAVOINE.
BIUNDWOINE.
Monsieur, il y a là un homme qui veut vous parler.
HARP.AGON.
Dis-lui que Je suis empêché, et qu’il revienne une autre fois.
BRINUAVOINE.
Il dit qu’il vous apporte de l’argent.
HARPAGON, à Mariaiie.
Je vous demande pardon ; je reviens tout à l’heure.
SCÈNE XIV. - HARPAGON, MARIANE, ÉLISE, CLÉANTE, VALÈRE, FROSINE, LA MERLUCHE.
LA MERLUCHE, courant et faisant tomber Harpagon.
Monsieur. . .
H.ARPAGON.
Ah ! je suis mort.
CLÉANTE
Qu’est-ce, mon père? vous êtes-vous fait mal?
HARP.AGON.
Le traître assurément a reçu de l’ai'gent de mes débiteurs, pour me faire rompre le cou.
VALÈRE, à Harpagon. {
Gela ne sera rien.
* Dans une farce italienne intiliilëe Arlequin décaliteur de maitons, Scapia fait remarquer à Flaniinia le diamant que Pantalon porte à son doigt. Fhmima le loue, et Scapin le lui prosenle, en l’assurant que Pantalon lui en lait piéseni. Telle est la scène qui a fourni à Molière la première idée de celle situation « comique. (Riccoboni.J