ACTE III, SCÈNE VI. GCS
MONSIEUR PURCON.
Im’enlé et formé dans toutes les règles de l’art.
TOINETTE
Il a tort.
MONSIEUR PURCON.
Et qui devoit faire dans les entrailles un effet merveilleux.
ARC AN
Mon frère...
MONSIEUR PURCON.
Le renvoyer avec mépris!.
ARCAN , montrant Béralde.
C’est lui...
. MONSIEUR PURCON.
C’est une action exorbitante.
TOINETTE
Cela est vrai.
MONSIEUR PURCON.
Un attentat énorme contre la médecine, ARCAN, montrant Beraltle.
II est cause...
MONSIEUR PURCON.
Un crime de lèse-Faculté, qui ne se peut assez punir.
TOINETTE
Vous avez raison.
-MONSIEUR PURCON.
.le vous déclare que je romps commerce avec vous.
ARCAN
C’est mon frère...
MONSIEUR PURCON.
Que je ne veux plus d’alliance avec vous.
TOINETTE
Vous ferez bien.
MONSIEUR PURCON.
Et que, pour finir toute liaison avec vous, voilà la donation que je faisois à mon neveu, en faveur du mariage.
(Il déchire la donation , et en jette les morceaux avec ftmeur.]
ARCAN
C’est mon frère qui a fait tout le mal.
MONSIEUR PURCON.
Mépriser mon clystère!
LE MALADE IMAGINAIRE
ARGAN
Faifes-le venir; je m’en vais le prendre.
MONSIEtR PURGON.
Je vous aurois tiré d’affaire avant qu’il fût peu.
TOINEfTE.
Il ne le mérite pas, ^
MONSIEUR PURGON
J’allois nettoyer votre corps, et en évacuer entièrement les mauvaises humeurs.
ARGAN
Ah! mon frère!
MONSIEUR PURGON
Et je ne voulois plus qu’une douzaine de médecines pour vider le fond du sac.
TOINETTE
Il est indigne de vos soins.
MONSIEUR PURGON
Mais, puisque vous n’avez pas voulu guérir par mes mains...
ARGAN
Ce n’est pas ma faute.
Puisque vous vous êtes soustrait de l’obéissance que l’on doit à son médecin...
TOINETTE
Cela crie vengeance.
MONSIEUR PURGON
Puisque vous vous êtes déclaré rebelle aux remèdes que je vous ordonnois...
ARGAN
Hé! point du tout.
MONSIEUR PURGON
J’ai à vous dire que je vous abandonne à votre mauvaise constitution, à l’intempérie de vos entrailles, à la corruption de votre sang, à l’âcreté de votre bile, et à la féculence de vos humeurs.
TOINETTE
C’est fort bien fait.
Mon Dieu!
ARGAN