SCÈNE XVIII. BÉLINE ; ARGAN, TOINETTE
etfindii dans sa chaisp;
TOINETTE, feignant de ne pas voir Belinp.
Ah! mon Dieu! Ah! malheur! Quel étrange accident!
RÉUNE.
Qu’cst-ce, Toinette?
Ah! madame!
TOINETTE
LE MALADE IMAGINAIRE
BELINE.
Qu’y a-t-il?
TOINF.TTE.
Votre mari est mort.
BÉUNE.
Mou mari est mort?
Hélas! oui! le pauvre défunt est trépassé.
BÉUNE.
Assurément?
TOINETTE
Assurément; personne ne sait encore cet accidcnt-là; et je me suis trouvée ici toute seule. Il vient de passer entre mes bras. Tenez, le voilà tout de son long dans cette chaise.
BÉLINE.
Le ciel en soit loué! Me voilà délivrée d’un grand fardeau. Que tu es sotte, Toinette, de t’aftligcr de cette mort !
TOINETTE
.Te pensois, madame, qu’il fallût pleurer.
BÉLINE.
Va, va, cela n’en vaut pas la peine. Quelle perte est ce (]ue la sienne? et de quoi servoit-il sur la terre? üii homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement ou une médecine dans le ventre, mouchant, toussant, crachant toujours; sans esprit, ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant jour et nuit servantes et valets.
TOINETTE
Voilà une belle oraison funèbre!
BÉLINE,.
Il faut, Toinette, que tu m’aides à exécuter mon dessein; et tu peux croire qu’en me servant, la récompense est sûre. Puisque, par un bonheur, personne n’est encore averti de la chose, portons-le dans son lit, et tenons cette mort cachée, jusqu’à ce i[ue j’aie fait mon affaire. Il y a des papiers, il y a de l’argent, dont je me veux saisir; et il n’est pas juste que j’aie passé sans fruit auprès de lui mes plus belles années. Viens, Toinette; prenons auparavant toutes ses clefs.
ARCAN, SC levant brnsquoment
Doucement.