SCÈNE
ÆNE V. — AN.SELME, HARPAGON, ËfJSE MARTANF
«O COMMISSAIRE "ma'™;
ANSELME
yu’est-ce, seigneur Harpagon ? je vous vois tout ému.
HARPAGON
Ah. seigneur Anselme, vous me voyez
• C c«t.a-dirp,c«Iui dont vont avez !, cous plaindre.
le plus infortuné
L’AVARi:.
de tous les hommes ; et voici bien du trouble et du désordre au contrat que vous venez faire ! On m’assassine dans le bien, on m’assassine dans l’iionneur ; et voilà un traître, un scélérat, qui a violé tous les droits les plus saints, qui s’est coulé chez moi sous le titre de domestique, pour me dérober mon argent, et pour me suborner ma tille.
YALÈRE.
Qui songe à votre argent, dont vous me faites un galimatias?
HARPAGON
Oui, ils se sont donné l’un à l’autre une promesse de mariage. Cet affront vous regarde, seigneur Anselme ; et c’est vous qui devez vous rendre partie contre lui, et faire toutes les poursuites de la justice à vos dépens , pour vous venger de son insolence '.
ANSELME
Ce n’est pas mon dessein de me faire épouser par force, et de rien prétendre à un cœur qui se serait donné ; mais pour vos intérêts, je suis prêt à les embrasser, ainsi que les miens propres.
HARPAGON
Voilà monsieur qui est un honnête commissaire, qui n’oubliera rien, à ce qu’il m’a dit, de la fonction de son office. (Au commissaire , montrant vaicre.) Chargez-le coimiie il faut, monsieur, et rendez les choses bien criminelles.
Je ne vois pas quel crime on me peut faire de la passion que j’ai pour votre fille, et le supplice où vous croyez que je puisse être condamné pour notre engagement, lorsqu’on saura ce que je suis...
HARPAGON
Je me moque de tous ces contes ; et le monde aujourd’hui n’est plein que de ces larrons de noblesse, que de ces imposteurs qui tirent avantage de leur obscurité, et s’habillent insolemment du premier nom illustre qu’ils s’avisent de prendre.
YALÈRE.
Sachez que j’ai le cœur trop bon pour me parer de quelque chose qtii ne soit point à moi ; et que tout Naples peut rendre témoignage de ma naissance.
M’An. El fairMoiiloa le* poursiiilca de la justice pmir fniis venger de son infolcncc.