‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 125 sur 479 · ACTE II, S€ËNË V. ib · texte numérisé non relu

ACTE II, S€ËNË V. ib

dit, à la vo-lëe ; d'au-tant qae les fau-les qu'on y peut iai-re sont, se-lon no*tre maî-tre Hip-po-cra-te , d'u-ne dan-gereu-se con-sé-quen-ce.

MONSIEUR BAHIS, bredonilUot.

Il est vraî, il faut bien prendre garde à ce qu'on fait; car ce ne sont pas ici jeux d'enfant ; et, quand on a failli, il n'est pas aisé de réparer le manquement , et de rétablir ce qu'on a gâté : experimenlum periculasum. C'est pourquoi il s'agit de raisonner auparavant comme il faut, de peser mûrement les choses, de regarder le tempérament des gens, d'examiner les causes de ta maladie, et de voir les remèdes qu'on y doit apporter.

SCANABELUB, à fnrt.

L'un va en tortue, et l'autre court la poste.

MONSIEUR MACROTON.

Or, mon-sj-eur, pour ve-nir au fait, je trou-ve que vo-tre fîl-le a u-ne ma-la-di-e chro-ni-que, et qu'eUe peut pé-rîcH-ter, si on ne lui don-ne du se>cours, d'au-tant que les symp-tô-mes qu'el-Ie a sont in-di-ca-lifs d'u-ne va-peur fu-ligi-neu-se et mor-di-can-te qui lui pi-co-te les mem-bra-nes (lu cer-veau. Or, cet-te va-peur, que nous nom-mons en grec al-mos, est cau-sé-e par des hu-meurs pu-tri-des, te-na-ces et con-gln-ti-neu-ses, qui sont con-te-nu-es dans le basven-tre.

MONSIEUR BAms.

Et comme ces humeurs ont été là engendrées par une longue succession de temps, elles s'y sont recuites, et ont acquis cette malignité qui fume vers la région du cerveau.

MONSIEUR MACROTON.

Si bi-en donc que, pour ti-rer, dé-ta-cber, ar-ra-cher, eipul-ser, é-va-cu-er les-di-tes hu-meurs, il fau-dra une purga-ti-oa vi-gou-reu-se. Mais, au pré-a-la-ble , je trou-ve à pro-po8, et il n'y a pas d'in-con-vé-ni-ent, d'u-ser de pe-tits re-mè-des a-no-dins, c'esl-à-di-re de pe-lits la-ve-ments rémol-li-ents et dé-ler-sifs, de ju-leps el de si-rops ra-frai-cbissants, qu on mé-ie-ra dans sa pli-sa-ne.

MONSIEUR BAHIS.

Après, nous en viendrons à la purgation, et à la saignée, que nous réitérerons, s'il en est besoin.

MONSIEUR MACROTON

Ce n'est pas qu'a-vec-que tout cela vo-lre iil-le ne pnis^se*

inou-rir; mais au moins vous aa-rex faii quel-qae cho-sê, et vous au-rei la ooo-so-Ia-ti-on qu'el-le se-ra mor-te dans les for-mes.

MONSIEUR BAHIS.

Il vaut mieux mourir selon les régies que de i*échapper contre les règles.

MONSIEUR MACROTON.

Nous vous di-sons sin-cè-re-ment no-tre peu-sé-e.

MONSIEUR BAHIS.

Et VOUS avons parlé comme nous parlerions à notre propre frère.

SGANABELLEy à M. Macrotoo, en allongeanl ses moU.

Je vous rends très huni-blesgra-ces. (à h. Bahis,en bredouiiuni.) Et vous suis infiniment obligé de la peine que vous avez prise.

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