‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 170 sur 479 · ACTE IV, SCÈNE I. âlT · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I. âlT

Prof] ter' des bontés que lui montre votre aroe.

ÉLUMTE.

Pour moi, je n'en fais point de façons, et je croi Qu'on doit sur de tels points être de bonne foi. Je ne m'oppose point à toute sa tendresse ; Au contraire, mon cœnr pour elle s'intéresse; Et, si c'éloit qu'à moi la cbose pût tenir, Moi-même h ce qu'i! aime on me verroit l'unir. Mais si dans un tel choix , comme tout se peut faire, Son amour éprouToit quelque destin contraire, S'il falioit que d'un autre on couronnât les feux, Je pourrois me résoudre à recevoir ses vœux; Et le refus souffert en pareiilo occurrence Ne m'y feroit trouver aucune répugnance.

PHIUMTE.

Et moi, de mon côté, je ne m'oppose pas. Madame, à ces bontés qu'ont pour lui vos appas; Et lui-même, s'il veut, il peut bien vous instruire De ce que là-dessus j'ai pris soin de lui dire. Mais si, par un hymen qui les joîndroit eux deux^ Vous étiez hors d'état de recevoir ses vœux. Tous les miens tenteroicnt la faveur éclatnnto Qu'avec tant de bonté votre ame lui présente. Heureux si, quand son cœur s'y pourra dérober, Elle pottvoit sur moi, madame, retomber!

ÉLIANTE

Vous vous divertissez, Pbilinte.

PHIUNTE.

Non, madame.

Et je vous parle ici du meilleur de mon ame J'attends l'occasion de m'offrir hautement, Et, de tous mes souhaits, j'en presse le moment*.

■ Le caractère de Philinte a éié attaque avec boa\icoop de scvcrilé par Jean- Jacques, qui ne voit dans ce pertoiinage < qu'un de ces honnêtes, gens du grand

> inonde, dont les maximes ressemblent beaucoup à celles des fripons; de ces

> gens si doux, »i modéré?, qui trouvent toujours que tout va bien, parccqu'ils

> ont inlcrèt que rien n'aille mieux ; qui sont toujours contents de tont le

> monde, parcei|u'il8 ne se soucient de personne; qui, autour d'une bonne table, » soutiennent qu'il n est pas vrai que le peuple ait faim ; qui, de leur maison » bieiri^mée, «crroient voler, piller, égorger, massacier tout le genre humain,

> sans se plaindic, attendu que Dieu les a doués d'une douceur très méritoire à

> supporter les mulheur s d'aulrui.»!!. Aimé Martin, en rapportant ce paseage, dit avec raison qu'une aussi injuste critique n'u pas besoin d'être réfutée.

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