ACTE iV, SCËNË IL SI
PHILIXTE.
Une le lire peut bien tromper par Tapparenoe, Et nVst pas quelquefois si coupable qu'on i)ense.
ALCESTE
Monsieur, encore un coup, laissez-nioi, s'il vous plaîl, Et ne prenez souci que de \olre intérêt.
ÉLIAKTE.
Vous devez modérer vos transports; et Toutrage...
Madame, c'est à vous qu^apparltent cet ouvra(i;e ; C'est à vous que moa cœur a recoui*» aujourd'hui, Pour pouvoir s'affranchir de son cuisant ennui. Vengez-moi d'une iograte cl perfide parente Qui trahit lâchement une ardeur si constante; Vengez-moi de ce trait qui doit vous faire horreur.
ÉL1ANTE
Moi, vous venger? comment?
ALCESTE
Eu rei^cvanl mon cœur.
Acceptez-le, madame, au lieu de Tinfidéle; C'est par là que je puis prendre vengeance dVIle; Et je la veut punir par les sincères vœux, Par le profond amour, les soins respectueux, I^s devoirs empressés et Tassidu service, Dont ce cœur va vous faire un ardent sacrifice.
ÉLIANTE
Je compatis, sans doute, ù ce que vous souffrez.
Et ne méprise point le cœur que vous m'offrez;
Mais peut-être le mal n'est pas si grand qu'on pense,
Et vous pourrez quitter ce désir de vengeance.
Lorsque l'injure part d'un objet plein d'appas,
On fait force desseins qu'on n'exécute pas :
On a beau voir, pour rompre, une raison puissanio,
Une coupable aifnée est bientôt innocente;
Tout le mal qu'on lui veut se dissipe aisément.
Et l'on sait ce que c'est qu'un courroux d'un amanl.
Non, non, madame, non. L'offense est trop mortelle; Il n'est point de retour, et je romps avec elle; Bien ne sauroit changer le dosscin que j'en fais, Kt je me punirois de l'cslimer jamais.
La voici. Mon courroux redouble à celle approche. Je vais de sa noirceur lui faire un vif reproche. Pleinement la confondre, et vous porter après Un cœur tout dégagé de ses trompeurs attraits.