ACTE I, SCÈNE VI
Qu'ils sont doux, Bouteille jolie.
Qu'ils sont doux
Vos petits glougloux!
Mais mon sort feroit bien des jaloux,
Si vous étiez toujours remplie.
Ah ! bouteille, ma mie,
Pourquoi vous videz- vous * ?
Allons, morbleu I il ne faut poiot engendrer de mélancolie.
VALÈRE« bas, à Lucas.
Le voilà lui-même»
LUCAS, baSyàValère.
Je pense que vous dites vrai, et que j'avons bouté le nez
VALERE
Voyons de près.
SGANARELLE, embrassant sa bouteille.
Ah! petite friponne! que je l'aime, mon petit bouchon!
(11 cbaute. Apercevant Valère et Lucas qui l'exaniineut, il baisse la voix.;
Mais mon sort... feroit... bien des... jaloux, Si...
(Voyant qu'on l'examine de pins près.)
Que diable ! à qui en veulent ces gens-là ?
VALÈRE, à Lucas.
C'est lui assurément.
LUCAS, à Valère.
Le v'Ià tout craché comme on nous l'a défiguré.
•M. Roze, de l'Acadéniie Trançaisc, et secrétaire du cabinet du Roi, fit des paroles latines sur oeî air, et pour faire une malice à Hulière, il lui reprocha, cliez M. le duc de Moniausier, d'avoir traduit la chanson de Sganarelle d'uuc épigramme laiine imitée dti VAntholàgie. Voici les paroles de Roze :
Quam du (ces, Ampbora amœna ,
Quam dulccs
Sont tnse voces !
Dnm Tundisi metum in calices,
Ulinam semper esses plena !
Ah ! ah ! cara mea lagcoa,
Vacua cnr jaces ?
(Lettre sur Molière, insérée dans le Mercure de France en décembre 1739. Prcm. vol., pag. 2914, Cizerou-Rival, pag. 22.)