‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 220 sur 479 · SCÈNE II. — THIBAUT, PËRRIN, S6ANARELLK · texte numérisé non relu

SCÈNE II. — THIBAUT, PËRRIN, S6ANARELLK

THIBAUT

Moosieu, je venons vous charcber, mon fils Perrin et moi.

SGANARELLE

Quy a-t-il?

THIBAUT

Sa pauvre mère, qui a nom Parretle, est dans un lit malade il y a six mois.

SGANARELLE, tendant la main comme pour recevoir de l'argent.

Que voulez-vous que j'y fasse?

THIBAUT

Je voudrions, monsieu, que vous nous baillissiez queuquc petite drôlerie pour la garir.

SGANARELLE

Il faut voir de quoi est-ce qu'elle est malade.

THIBAUT

Aile est malade d'hypocrisie, monsieu.

SGANARELLE

D'hypocrisie?

THIBAUT

Oui, c'est-à-dire qu'aile est entlée partout; et Tan dit que c'est quantité de sériosités qu'aile a dans le corps, et que son foie, son ventre, ou sa rate, comme vous voudrois l'appeler, au glieu de faire du sang, ne fait plus que de l'iau. Aile a, de deux jours Tun, la fièvre quotiguienne, avec des lassi-

ViJriera. cLe juge y csl-H dit, pent violer la justice ou la retarder; l'avocat

> peut, par inlérèi, soutenir une mauvaise cause; le marchand peut nous alira-

> l>er notre argent; entin toutes les personnes avec lesquelles la nécessité nous

> force de traiter peuvent nous faire quelque tort, mais aucune ne peut 'tous

> ôter impunément la vie. Les médecins seuls ont ce droit ; ils peuvent nous » tuer sans crainte, s:in8 employer d'autres armes que leurs remèdes ; leurs bé- » vues ne se découvrent iumais, parce qu'au moment même la lerrc les cache et * les fait oublier. » (Pclitot.)

280 LE AIËDECIN MALGRÉ LUL

tudes cl des douleurs dans les mufles des jambes. On entend dans sa gorge des tieumes qui sont tout prêts à rétoufîer; et parfois il H prend des syncoles et des conversions, que je crayons qu^alle est passée. J'avons dans notre village un apothicaire, révérence parler, qui lia donné je ne sais combien d'histoires ; et il m'en coûte plus d'eune douzaine de bons écus en lavements, ne v's en déplaise, en aposthumes qu'on li a fait prendre, en infections de jacinthe, et en portions cordales. Mais tout ça, comme dit l'autre, n'a élé que de Tonguent mi ton-mitaine. Il veloit li bailler d'cune certaine <irogue que Ton appelle du vin amétilo ; mais j'ai-z-eu peur franchement que ça Tenvoyit a patres; et Tan dit que ces gros médecins tuont je ne sais combien de monde avec celte inven lion-là.

SGANARELLE, tendant toujours la main, ft la branlaot comme pour «igné qu'il demande de l'argent.

Venons au fait, mon ami, venons au faiL

THIBAUT

Le fait est, monsieu, que je venons vous prier de nous dire ce qu'il faut que je fassions.

SGANARELLE

Je ne vous entends point du tout.

PERRIN-

Monsieu, ma mère est malade ; et v'Ià deui écus que je vous apportons pour nous bailler queuque remède.

SGANARELLE

Âh î je vous entends , vous. Voilà un garçon qui parle clairement, et qui s'explique comme il faut. Vous dites que votre mère est malade d'hydropisie, qu'elle est enflée par tout le corps, qu'elle a la fièvre, avec des douleurs dans les jambes, et qu'il lui prend parfois des syncopes et des convulsions, c'est-à-dire des évanouissements?

PERRIN

lié! oui, monsieu, c'est justement ça.

SGANARELLE

J'ai compris d'abord vos paroles. Vous avez un père qui no sait ce qu'il dit. Maintenant vous me demandez un remède?

PERRIN

Oui^ monsieu.

Un remède pour hi guérir?

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