ACTE m, SCÈNE VI
que Léandre, et que c'est inuttlemenl que vous voulez me donner Horace.
GÉRONTE
Mais...
LUCINDE
Rien n'est capable d'ébranler la résolution que j'ai prise.
GÉRONTE
Quoil
LUCINDE
Vous m'opposerez en vain de belles raisons.
GÉRONTE
Si...
LUCINDE
Tous VOS discours ne serviront de rien.
Je...
LUCINDE
C'est une chose où je suis déterminée.
GÉRONTE
Mais...
LUCINDE
H n'est puissance paternelle qui me puisse obliger à me marier malgré moi.
GÉRONTE
J'ai...
LUCINDE
Vous avez beau faire tous vos efforts.
GÉRONTE
LUCINDE
Mon cœur ne sauroit se soumettre à celle tyrannie.
GÉRONTE
La...
LUCINDE
Et je me jetterai plutôt dans un couvent que d'épouser un homme que je n'aime point.
GÉRONTE
Mais...
LUCINDE, parlant d'un Ion de voix à étourdir.
Non. En aucune façon. Point d'affaires. Vous perdez le temps. Je n'en ferai rien. Cela est résolu.
GÉRONTE
Âh 1 quelle impétoosité de paroles ! Il n'y a pas moyen d'y résister, (à Sganareiie.) Monsieur, je vous prie de la faire re- «Icvenir muette.
SGANARELLE
C'est une chose qui m'est impossible. Tout ce que je puis faite pour votre service est de vous rendre sourd, si vous voulez*.
GÉRONTE
Je vous remercie, (à Lncinde.) Penses-tu donc...
LOCINDE.
Non, toutes vos raisons ne gagneront rien sur mon ame.
GÉRONTE
Tu épouseras Horace dès ce soir.
LUaNDE.
J'épouserai plutôt la mort.
SGANARELLE, i Géronle.
Mon Dieu! arrêtez-vous, laissez-moi médicamen ter cette affaire ; c'est une maladie qui la tient, et je sais le remède qu'il y faut apporter.
Seroit-il possible, monsieur, que vous pussiez aussi guérir cette maladie d'esprit?
SGANARELLE
Oui; laissez-moi faire, j'ai des remèdes pour tout; et notre apothicaire nous servira pour cette cure, (à Léandre.) Un mot. Vous voyez que l'ardeur qu'elle a pour ce I^andre est tout à fait contraire aux volontés du père; qu'il n'y a point de temps à perdre; que les humeurs sont fort aigries; et qu'il est nécessaire de trouver promplement un remède à ce
* Plusieurs Irails de culte scène r»ppelleiii le passage suivanl de Ralielais : < Je
> ne vous avois oncques puis veu que jouastes à Moulp<:liier avec nos anliques » amys la Mioral« el comédie de celui qui avoit espousé une femme rouelle. Le
> boo mary voului qu'elle parlasi. Elle parla par l'arl du medeciu et du cbir^r-
> gieo, qui lui coupèrent une encyliglotle qu'elle avoit sous la langue. La pa*
> rôle recouvrée, elle parla tant et tant que «ou mari relonroa an médecin,
> pour remède de la faire taire. Le médecin respondil, en son art, bien tvoir
> de» remèdes pour faire parler les femmes, u'en avoir pour les faire taire. Re-
> mpde unique estre «urditë du mary conire cestuy interminable parlement de » femme. Le paillard devint s >nrd, par ne sçais quels charmes qu'ils feireni.
> Puis le médecin demandant son salaire, le mary respondil qu'il estoil vrai-
> meut sourd, el qu'il n'enlendoit sa «Icmande. Je ne ris oncques tant que ie » lis à ce patelio:igc. >