LT€ARSIS
Hé!
NICANDRE
Te voilà puni do tes façons de faire.
LTCARSIS.
Je iiren vais vous le dire, écoutez.
MOPSE
Point d'affaire.
LYCARSTS.
Quoi I vous ne voulez pas in'eu tendre ?
NICANDRF.
Non.
LTCARSIS.
Hé bien !
Je ne dirai donc mot, et vous ne saurez rien.
MOPSE
Soit.
LTCARSIS.
Vous ne saurez pas qu^avec magnificence Le roi vient honorer Tempe de sa présence ; Qu^il entra dans Larisse hier sur le haut du jour; Qu'à Taise je Ty vis avec toute sa cour; Que ces bois vont jouir aujourd'hui de sa vue,
208 MËLICEBTË.
Et qu'on raisonne fort tonchnnt ceUe venue».
NICANDRE
Nous i>*avon8 pas envie aussi de rien savoir.
LTCAR9IS.
Je vis cent choses là, ravissantes à voir :
Ce ne sont qiie seigneurs, qui, des pieds à la (éle,
Sont brillants et parés comme au jour d'une fêle;
lis surprennent la vue; et nos prés au printemps,
Avec toutes leurs fleurs, sont bien moins éclatants.
Pour le prince, entre tous sans peine on le remarquo,
Et d'une stade^ loin il sent son grand monarque :
Dans toute sa personne il a je ne sais quoi
Qui d'abord fait juger que c'est un maître roi.
Il le fait d'une grâce à nulle autre seconde;
Kt cela, sans mentir, lui sied le mieux du monde.
On ne croirait jamais comme de toutes parts
Toute sa cour s'empresse à chercher ses regards :
Ce sont autour de lui confusions plaisantes;
Et l'on diroit d'un (as de mouches reluisantes
Qui suivent en tous lieux un doux rayon de miel.
EnOn Ton ne voit rien de si beau sous le ciel;
Et la fêle de Pan, parmi nous si chérie.
Auprès de ce spectacle est une gueuserie.
Mais, puisque sur le fier vous vous tenez si bien,
Je garde ma nouvelle, et ne veux dire rien.
BIOPSE.
Et nous ne te voulons aucunement entendre.
LYCARSIS.
Allez vous promener.
MOPSË.
Va-t'en te faire pendre.