SCÈNE I. - .MÉLICERTE, CORINNE
MÉLICERTE
Ail ! Corinne, lu viens de l'apprendre de Stelle, El c'est de Lycarsis qu'elle lient la nouvelle?
306 MËLIGEUTE.
CORINNE
Oui.
MÉLICERTB.
Que les qualilés dont Myrtil esl orne Ont su toucher d'amour Ëro&éne et Daphné?
CORINNE
Oui.
MÉLICERTB.
Que pour l'obtenir leur ardeur est si grande, Qu'ensemble elles en ont déjà fait la demande? Et que, dans ce débat, elles ont fait dessein De passer, dés cette beurc, à recevoir sa main? Ah ! que les mots ont peine à sortir de ta bouche ! Et que c e^t foibtement que mon souci te toudie !
CORINNE
Mais quoi! que voulez^vous? C'est là la vérité, Et vous redites tout comme je l'ai conté >.
MÉLICERTE
Mais comment Lycarsis reçoit-il cette affaire?
CORINNE
Comme un honneur, je cro;s, qui doit beaucoup lui plaire.
MÉLICERTE
Et ne vois-tu pas bien, toi qui sais mon ardeur, Qu^avec ces mots, hélas! tu me percer le cœur?
CORINNE
Comment?
' La première idée' de cette scène se retrouve dans nue comédie de Rotrou, in titillée la Sœur:
Si d'ainoar tn resscotois l'atteinte,
Tu p aiiidrois moins ces mots qui te coûtent si cher, Et qu'avec tant de peine il te faot arracher ; El celte avare Écho» qui répond par ta bouche, Seroit plus indulgente à l'ennui qui me t«uche.