SCÈNE Vï. — ACANTHE. TYRÈNE, MYRTIL
ACANTHE
Ab! Ilyrtil. vous avez du ciel reçu des cbarmes Qui nous ont préparé des matières de larmes ; Et leur naissant éclat, fatal à nos ardeurs, De ce que nous aimons nous enlève les cœurs.
TTUÈNE.
Peut-on savoir, Myrtil, vers qui, de ces deux belles, Vous tournerez ce cboix dont courent les nouvelles '*^ , Et sur qui doit de nous tomber ce coup affreux, Dont se voit foudroyé tout Tespoir de nos vœux ?
ACANTHE
Ne faites point languir deux amants davantage, Et nous dites quel sort votre cœur nous partage.
TfnÈNE.
Il vaut mieux, quand on craint ces malbeurs éclatanis, En mourir tout d'un coup que traîner si longtemps.
MYRTIL
Rendez, nobles bergers, le calme à vi»tre flamme , La belle Mélieerle a captivé mon ame.
Auprès de cet objet mon sort est assez doux, Pour ne pas consentir à rien prendre sur vous; Et si vos vœux enfin n'ont que les miens à craindre,