COMÉDIE-BALLET EN UN ACTE
Le BaUet des Mms, représenté à Saint-Germain, comme nous l'avons vu plus haut, le % décembre 1666, fut donnç une seconde fois dans cette résidence royale, le 5 janvier 1667. L'absence du jeune Baron décida Molière à retirer MéUc^te, dont il était du reste peu satisfait ; et il remplaça ce fragment de pièce par le Sicilien, ou l'AvMur peintre. Cette charmante comédie fut jouée à Paris le 10 juin suivant ; Mdlière y figura comme acteur^ et on voit par une lettre de Robinet, qu'il avait été pendant 4|uelqiie temps éloigné de la scène par la maladie de poitrine qui devait le conduire au tombeau.
Depuis Wier pai^illMnenl On a pour diveiiisftemeiit Lt Sicilien^ que Hulière, Avec sa cbarmaDlc manière.
Mêla dans le ballet du roi, Et qu'on admire, sur ma Toi.
Et lui, tout rajeuni du lait De quelque autre infante d'Inaclie, Qui se couvre de prau de vache, S'y remontre enfin à nos yeux Rlus que jamais racélieux.
Le livret du Ballet des Muses dit que le Sicilien avait été composé uniquement pour offiir au roi des Turcs et des Maures, et M. Taschereau, en rapportant ce fait, remarque avec raison qu'on est loin du temps où de semblables caprices enfantaient
de semblables ouvrages. Le Sicilien, en effet ^ est une pièce charmante^ et^ dans notre répertoire, la première petite pièce en un acte dans laquelle, au jugement de Voltaire, « il y ait de la grâce et de la galanterie. » — « Jusque-là, dit Petitot, on ne croyait pas que la délicatesse et Télégance des manières pussent entrer dans des comédies qu'on ne considérait que comme des farces destinées à reposer l'attention, longtemps occupée ou par une tragédie, ou par une comédie de caractère. Le Sicilien prouva qu'on pouvait réussir dans un genre absolument différent. Ce modèle charmant a été plusieurs fois imité; mais eu voulant fuir la farce, on est tombé dans l'excès opposé : la délicatesse est devenue de l'affectation ; la grâce, de la manién, et la finesse, du faux bel esprit. De là toutes ces comédies de boudoir qui se sont succédé au Théâtre-Français, malgré les réclamations des hommes de goût, qui s'affligeaient de voir transformer ainsi un genre charmant dont Molière avait donné le premier modèle, et dont il ne fallait pas s'écarter. »
Les commentateurs sont tous de l'avis de Voltaire et de Petitot ; et pour compléter l'histoire critique du Sicilien, nous ne pouvons mieux faire que de citer l'opinion de M. Auger : « Il était difficile d'imaginer un sujet qui prêtât davantage aux divertissements, et de combiner une action où ils pussent être mieux placés. La singularité des mœurs siciliennes, le mélange des nations, la variété des costumes, l'amour ombrageux et tyrannique d'un noble messinois ou palermitain en contraste avec l'amour respectueux et tendre d'un gentilhomme français, des scènes de nuit, des sérénades galantes, des voiles, cette invention de la coquetterie ou de la jalousie, que l'une peut si facilement tourner contre l'autre, tout cela composait un spectacle animé et pittoresque, que la musique et la danse venaient naturellement embellir.
» On serait tenté de croire que la comédie-ballet du Sicilien a donné naissance à l'opéra- comique. Ne trouve -t-on pas, en effet, dans la pièce de Molière, les duos, les ariettes de nos comédies lyriques, et jusqu'à ce$ divertissements que le poêle place d'ordinaire à la fin des actes, comme autant de canevas préparés pour la musique et pour la chorégraphie ? Le Sicilien, d'ailleurs (je me sers ici de l'expression consacrée), est coupé conmie un opéra-comique ; les tableaux, les situations, les airs, y sont préparés et amenés de la même manière. Cette similitude a paru si exacte, qu'en 17S0 on a donné la pièce sur le Théâtre- Italien, sans y faire aucun autre changement que de rimer en quelques endroits la prose de Molière, afin de multiplier un peu davantage les morceaux de chaut. »
PERSONNAGES DE LA COMÉDIE
ADRA8TB, gnlUkoMae frtacois, va»!
ISIDOVB, GfecqM, ncbve de doa Fèdn *.
ZAIDE, jenne escbve *.
tm SEW ATKCR ».
BAUj Tare, cttlave d'Admie*.
BEOX LAQUAIS.
PERSONNAGES DU BALLET
■VSIGIBNS.
ISCLATB cluBUMl.
B8CLATBS dananU.
If AOAES et MAVHBSQUBS daoniiu.