ACTE III, SCEiNË IL
adresse non conimiine, el que Pair dont il a paru a été quelque chose de surprenant. Il sort vainqueur de cette course. Mais je doute fort qu'il en sorte avec le même cœur qu'il y a porté; car enfin vous lui avez tiré des traits dont il est difficile de se défendre; et, sans parler de tout le reste, la grâce de votre danse et la douceur de votre voix ont eu des charmes aujourd'hui à toucher les plus insensibles.
LA PRIT«€ESSC.
Le voici qui s'entretient avec Iforon ; nous saurons un peu de quoi il lui parle. Ne rompons point encore leur entretien, et prenons cette roule pour revenir à leur rencontre.
SCÈiNE IL - EURYALE, ARBATE, MOBON.
EURYALE
Ahl Moron, je te l'avoue, j'aî été enchanté; et jamais tant de charmes n'ont frappé tout ensemble mes yeux et mes oreilles. Elle est adorable en tout temps, il est vrai ; inaisce moment Fa emporté sur tous les autres, et des grâces nouvelles ont redoublé Téclat de ses beautés. Jamais son visage ne sesl paré de plus vives couleurs, ni ses yeux ne «e sont armés de traits plus vifs et plus perçants. La douceur de sa voix a voulu se faire paroltre dans un air tout charmant qu'elle a daigné chanter; et les sons merveilleux qu'elle fomioit passoient jusqu'au fond de mon ame, et teuoient tous mes sens dans un ravissement à ne pouvoir en revenir. Elle a fait éclater ensuite une disposition toute diviue, et ses pieds amoureux sur l'émail d'un tendre gazon Iraçoient d'aimables caractères qui m'enle voient hors de moi-même, et m^attaehoient par des n^uds invincibles aux doux et justes mouvements dont tout son corps suivoit les mouvements de l'harmonie. Enfin, jamais aine n'a eu de plus puissantes émotions que la mienne; et j^ai pensé plus de vingt fois oublier ma résolution, pour me jeter à ses pieds, et lui faire un aven sincère de Tardeur que je sens pour elle.
IIORON.
Donnez-vous-en bien de garde, seigneur, si vous m\^\\ voulez croire. Vous avez trouvé la meilleure invention du uioude, et je me trompe fort si elle ne vous réussit. Les l'emnu^R «ont des animaux d'un naturel bizarre; nous les
gâtons par nos douceurs; et je crois tout de bon que nous les verrions nous courir, sans tous ces respects et ces soumissions où les hommes les acoquinent.
ARBATE.
Seigneur, voici la princesse, qui s'est un peu éloignée de sa suite.
MOBON.
Demeurez ferme, au moins, dans le chemin que vous avez pris. Je m'en vais voir ce qu'elle me dira. Cependant promenez-vous ici dans ces petites routes, sans faire aucun semblant d'avoir envie de la joindre ; et, si vous Tabordez, demeurez avec elle le moins qu'il vous sera possible.