‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 298 sur 479 · PLACETS AU ROI · texte numérisé non relu

PLACETS AU ROI

Tart de donner de belles couleurs à toutes leurs inteotious. Quelque mine qulls fassent, ce n'est point du tout llatérêt de Dieu qui les peut émouvoir : ils Tont assez montré dans les comédies qu'ils ont souffert qu'on ait jouées tant de fois en public sans en dire le moindre mot. Celles-là n'attaquoient que la piété et la reli^on, dont ils se soucient fort peu : mais celle-ci les attaque et les joue eux-mêmes ; et c'est ce qu'ils ne peuvent souffrir. Ils ne sauroient me pardonner de dévoiler leurs impostures aux yeux de tout le monde; et, sans doute, on ne manquera pas de dire à Votre Majesté que chacun s'est scandalisé de ma comédie. Mais la vérité pure, Sire, c/est que tout Paris ne s'est scandalisé que de la défense qu'on en a faite, que les plus scrupuleux en ont trouvé la représentation profitable, et qu'on s'est étonné que des personnes d'une probité si connue aient eu une si grande déférence pour des gens qui devroient être l'horreur de tout le monde, et sont si opposés a la véritable piété, dont elles font profession.

J'attends avec respect Tarrêt que Votbe Majesté daignera prononcer sur cette matière : mais il est très assuré, Sire, quil .ne faut plus que je songe à faire des comédies, si les tartuffes ont l'avantage ; qu'ils prendront droit par là de me persécuter plus que jamais, et voudront trouver à redire aux choses les plus innocentes qui pourront sortir de ma plume.

Daignent vos bontés. Sire, me donner une protection contre leur rage envenimée ! et puissé-je, au retour d'une campagne si glorieuse, délasser Votre Majesté des fatigues de ses conquêtes, lui donner d'innocents plaisirs après de si nobles travaux, et faire rire le monarque qui fait trembler toute l'Europe' I

• Vuici commoiu les registre» de la Comédie- Française reiiJenl compte de la préssi'ntation de ce placet : « Le l<>udema!n 6, un huissier de la cour du parlemenl est vfliu, de la part du premier piésideni, M. de Lamoignon, délVndre la pièce. Le 8, le sieur de La Tliorillière et moi de La Grju^e, sommes partis de Paris en posic, pour aller trouver le roi au sujet d« bdite défense. 8. M. ;ioiian sioge de Lille en Flandre, où nous Tûmes très liieu reçus. Monsieur nous prolcgea à son ordinaire, et S. H. nous ii( dire qu'à son retour à Pans elle feroit examiner la pièco de Tartuffe^ et que nous la jouerions. Après quoi nous somme:! revenu*. Le voyage a coûté 1,000 francs à la troH|>e. La troupe n'a point joué I eudani notre voyage ; oi nous avons recontnieucé le 23 de sep« lembre. > (Aimé Martin.)

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