ACTE II, SCÈNE III
D^abord chez le beau monde on vous fera venir.
Yous irez visiter, pour votre bienvenue,
Madame la baillive et madame l'élue,
Qui d^un siège pliant vous feront honorer.
Là, dans le carnaval, vous pourrez espérer
Le bal et la grand'bande, assavoir^, deux musettes,
Et parfois Fagotin^, et les marionnettes;
Si pourtant votre époux...
HARUNE.
Ah ! tu me fais mourir !
De tes conseils plutôt songe à me secourir.
DORINE
Je suis Yotre servante.
MARUNE.
Hé! Dorine, de grâce...
DORINE
Il faut, pour vous punir, que ceUe affaire passe.
Ma pauvre fille!
DORINE
Non.
MARIANE
Si mes vœux déclarés...
DORINE
Point. Tartuffe est votre homme, et vous en tâterez.
MARIANE
Tu sais qu'à toi toujours je me suis confiée : Fais-moi...
DORINE
Non, vous serez, ma foi, tartufiée.
MARIANE
Hé bienl puisque mon sort ne sauroit t'émouvoir, Laisse-moi désormais toute à mon désespoir : C'est de lui que mon cœur empruutera de l'aide; Et je s^is de mes maux Tinfaillible remède,
(Klle veut s'iu aller.) DORINE.
Hél là, là, revenez. Je quitte mon courroux.
'Totites lesédilioo* porlenl à lorl . à savoir; c*e»l l'ancien infiuhir assavoir.
(F. Gciiin.) 'Singe célèbre par ses tours
Il faut, nonobsiant tout, avoir pilic de vous.
MABIANE.
Vois-tu, si Ton m'expose à ce cruel martyre, Je le le dis, Dorinc, il faudra que j'expire.
DORINE
Ne vous tourmentez point. On peut adroitement Empêcher... Mais voici Valére, votre amant.
SCÈKE IV. - VALÈRE, MARIANË, DORINE.
TALERE.
On vient de débiter, madame, une nouvelle Que je ne savois pas, et qui sans doute est belle.
MARIANE
Quoi?
VALÈRE
Que voBs épousez Tartuffe.
MARIANE
Il est certain Que mon père s est mis en tête ce dessein.
VALÈRE
Votre père, madame...
MARIANE
A changé de visée : La chose vient par lui de m'être proposée.
VALÈRE
Quoil sérieusement?
MARIANE
Oui, sérieusement.
Il s est, pour cet hymen, déclaré hautement.
VALÈRE
El quel est le dessein où votre ame s'arrête, Madame?
MARIANE
Je ne sais.
VALÈRE
La réponse est honnête.
Vous no savez?
MARIANE
Non.