‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 343 sur 479 · SCÈNE m. — ORGON, ELMIRE, MARIAlNE, CLÉANïE, DORINB · texte numérisé non relu

SCÈNE m. — ORGON, ELMIRE, MARIAlNE, CLÉANïE, DORINB

OBGON.

Ah ! je me réjouis de vous \oir assemblés.

(A Mariaoe.)

Je porte en ce contrat de quoi vous faire rire, Et vous savez déjà ce que cela veut dire.

MARIANE,*aux genoira d'Orgon.

Mon père, au nom du ciel, qui connoil ma douleur, Et par tout ce qui peut émouvoir votre cœur, Relâchez-vous un peu des droits de la naissance, Et dispensez mes vœux de cette obéissance Ne me réduisez point, par cette dure loi, Jusqu'à me plaindre au ciel de ce que je vous doi; Et cette vie, hélas I que vous m'avez donnée, Ne me la rendez pas, mon père, infortunée. Si, contre un doux espoir que j'avois pu former, Vous me défendez d'être à ce que j'ose aimer, Au moins, par vos bontés qua vos genoux j'iinploro, Sauvez-moi du tourment d'être à ce que j'abhorre ; Et ne me portez point à quelque désespoir, En vous servadt sur moi de tout votre pouvoir.

ORGON, M aeutani attendrir.

Allons, ferme, mon cœur! point de foiblesse humaine I

MABIANE.

Vos tendresses pour lui ne me font point de peine ;

Faites-les éclater, donnez-lui votre bien,

Et, si ce n'est assez, joignez-y tout le mien ;

J'y consens de bon cœur, et je vous l'abandonne :

Hais, au moins, n'allez pas jusques à ma personne ;

El souffrez qu'un couvent, dans les austérités,

Use les tristes jours que le ciel m'a comptés.

ORGON

Ah ! voilà justement de mes religieuses,

Lorsqu'un père combat leurs < flammes amoureuses.

Debout. Plus votre cœur répugne à l'accepter,

Plus ce sera pour vous matière à mériter.

Mortifiez vos sens avec ce mariage.

Et ne me rompez pas la lélo davantage.

Var. Lorsqu'un porp combat fes nammco amoiirctiscs.

DOMINE

Nais quoi!...

OBGOTV.

Taisei-vous, \oas. Parles à Yotre écot*. Je vous défends, tout net, d*oser dire un seul mot.

CLÉANTE

Si par quelque conseil vous souffrez qu*on réponde...

0RG09. .

Mon frère, vos conseils sont les meilleurs du monde; Ils sont bien raisonnes, et j'en fais un grand cas : Mais vous trouverez bon que je n'en use pas.

ELMIRE, à Boa mari.

A voir ce que je vois, je ne sais plus que dire; Et votre aveuglement fait que je vous admire. Cest élre bien coiffe, bien prévenu de lui. Que de nous démentir sur le fait d'aujourd'hui !

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