SCÈNE I. — 0R60N, CLÉANTE
(XÉANTE.
Où voulez-vous courir?
ORGON
LasI que sais-jc?
ciKÂMii:.
11 me semble Que Ton doit commencer par consulter ensemble Les choses qu'on peut faire en cet événement.
OBGON.
Celle casselle-là me trouble entièrement. Plus que le reste encore eMe me désespère.
CLÉANTE
Celle cassette est donc un iinporlant mystère?
oncoN.
C'est un dépôt qu'Argas, cet ami que je plains, Lui-même en grand secret m'a mis entre les mains. Pour cela dans sa fuite il me voulut élire ; El ce sont des papiers, à ce qu'il m'a pu dife, Où sa vie et ses biens se trouvent attachés ^
CttANTi:-
Pourquoi donc les avoir en d autres mains lâchés?
OBGON.
Ce fut par un motif de cas de conscience. J'allai droit à mon traître en faire confidence; Et son raisonnement me vint persuader De lui donner plutôt la cassette à garder, Afin que pour niep, en cas de quelque enquête,
' Les mémoires du lemps sont pleins iruvciiluiTs sorobbblesà celle d'Orgon. Nous CD rapporteroos une que Voltaire a mise an ihéAire. En 166I, c'e$i-À>dire à lieu près à l'époque où Molière commençait le Tartuffe, Gourville, obligé de fuir pour ne pas être pendu en personne comme il le fui en etligie, laissa deux cassettes précieuses, l'uue à Ninon, l'antre à un dévot hypocrite. A son retour, Ninou lui rendit sa cassette eo fort bon état, mais il u'en fut pas de même de rbypocrite; celui-ci avait employé le dépôt en oeuvres pies, prélérant, disait-il, le salut de l'àme de Gourville à un aident qui sûrement l'aurait damné.
(Aimé Harliu.)