ACTE IV, SCÈNE IL 4ô
HORON, i la princesse.
Bon, madame, (au prince.) Courage, seigneui*. (à u pHw:citc.) Il en tient, (au prince) Ne vous défaites pas'.
LA PBIMCESSB, à Eiiryale.
Ne trouvei-vous pas qae j'ai raison , et que ce prince a tout le mérite qu'on peut avoir ?
MORON, bas, au prince.
Remettez-vous, et songes à répondre.
D'où vient, prince, que vous ne dites mot, et semblez interdit?
EURTALE.
Je le suis, à la vérité; et j'admire, madame, comme le ciel a pu former deux âmes aussi semblables en tout que les nôtres, deux âmes en qui Ton ait vu une plus grande conformité de sentiments, qui aient fait éclater dans le même temps une résolution à braver les traits de TAmour, et qui, dans le même moment, aient fait paroitre une égale facilité à perdre le nom d'insensibles. Car enGn , madame , puisque votre exemple m'autorise, je ne feindrai point de vous dire que l'amour aujourd'hui s'est rendu maître de mon cœur , et qu'une des princesses vos cousines, l'aimable et belle Aglante, a reuversé d'un coup d'oeil tous les projets de ma fierté. Je suis ravi, madame, que, par cette égalité de défaite, nous n'ayons rien à nous reprocher l'un à l'autre; et je ne doute point que, comme je vous loue infiniment de votre choix, vous n'approuviez aussi le mien. 11 faut que ce miracle éclate aux yeux de tout le monde , et nous ne devons point différer à nous rendre tous deux contents. Pour moi, madame, je vous sollicite de vos suffrages, pour obtenir celle que je souhaite, et vous trouverez bon que j'aille de ce pas en faire la demande au prince votre père.
MORON, bas, à Euryale.
Ah ! digne, ah ! brave cœur !