‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 391 sur 479 · SCÈNE 111. — CLÉANTHIS, SOSIE, CIJÊAMTHIS, à part · texte numérisé non relu

SCÈNE 111. — CLÉANTHIS, SOSIE, CIJÊAMTHIS, à part

Il faut que quelque chose ait brouillé sa cervelle; Mais le frèr« sur-le-champ Finira cette querelle.

SOSIE, à part.

C'est ici pour mon maître un coup asseï touchant;

Et son aventure est cruelle.

Je crains fort pour mon fait quelque chose approchant, Et je m'en veux, tout doux, éclaîrcir avec elle.

CLÉÂNTHIS, à part.

Voyez s'il me viendra seulement aborder! Mais je toux m'empêcher de rien faire paraître.

SOSIE, à paru

La chose quelquefois est ilcheuse à eooaoître,

Et je trembl« à la demander.

Ne vaudroit-il point mieux» pour ne rien hasarder.

Ignorer ce qu'il en peut être?

Allons, tout coup vaille, il faut voir,

Et je ne m'en saurois défendre.

La foihiesse humaine est d'avoir

Des curiosités d'apprendre

Ce qu'on ne voudroit pas savoir.

Dieu te gard', Cléanthis I

Le Tond de celte scène apparlienl 2' miaule.

49H AMPUlTaYON.

GLÉAHTniS.

Ah ! ah f la t*en ayises, Traitre, de Tapprorher de nous !

SOSIE

Mon Dieu ! qu as-tu? Toujours on le yoil eu courroux, Et sur rien tu ie {(ortnalisest

CLÉANTHIS.

Q«'appeltes*(a sur rien? Dis.

SOSIE

i'appelle sur rien Ce qui sur rien s^appelle en vers ainsi qu'en prose. Et rien, comme tu le sais l^ien, Veut dire rien, ou peu de chose.

CLBANTHM.

Je ne sais qui me tient, infâme.

Que je ne f arrache les yeui, Et ne t'apprenne où ya le oourroui d'une femme.

SOSIE

Holàf D'où te vient donc ce transport ftirieaxt

CLÉINTHIS.

Tu n'appelles donc rien le procédé, peut-être, Qu*avee moi loi» corar a tenu?

SOSIE

Et quelf

CLÉAims.

Quoi ! tu fais fingénu f Est-ce qu'à l'exemple du maifre Ta veux dire qu'ici tu n'es pas revemi?'

SOSIE

Non,^ je sais fort bien le contraire; Mais je ne t'en fais pa» le fin, Nous avions b« de je ne sais quel vin, Qui m'a fait oublier tout ce qu<^ j^ai pu faire.

CLÉANTHIS.

Tu crois peut-éire excuser par ce trait...

Non, tout de bon, tu m'en peux croire. J'étois dans un état où je pnis avoir fait Des choses dont j'aurois regret.

Et dont je n'ai nulle mémoire.

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