ACTE 111, SCÉJSE L 5n
El tandis qu'à l'ardeur de leurs expressions
Je réponds d^un geste de télé, Je leur donne tout bas cent malédictions. Âh ! qu on est peu flatté de louan^, d'honneur, Et de tout ce que donne une grande victoire, Lorsque dans Tame on souffre une vive douleur! Et que Ton donneroit volontiers cette gloire
Pour avoir le repos du cœur!
Ma jalousie, à lout propos,
Me proniéne sur ma disgrâce;
Et plus mon esprit y repasse, Moins j'en puis débrouiller le funeste chaos. Le vol des diamants n'est pas ce qui in^élonue; On lève les cachets, qu'on ne Taperçoit pas; Mais le don qu'on veut qu'hier j'en vins luire en personne Est ce qui fait ici mon cruel embarras. La nature parfois produit des ressemblances Dont quelques imposteurs ont pris droit d'abuser; Mais il est hors de sens que, sous ces apparences, Un homme pour époux se puisse supposer; Et dans tous ces rapports sont mille différences Dont se peut une femme aisément aviser.
Des charmes de la Thessalie On vante de tout temps les merveilleux effets ; Mais les contes fameux qui partout en sont faits Dans mon esprit toujours ont passé pour folie; Et ce seroit du sort une étrange rigueur,
Qu'au sortir d'une ample victoire
Je fusse contraint de les croire
Aux dépens de mon propre honneur*.
Je veux la retâter sur ce fâcheux mystère, Et voir si ce n'est point une vaine chimère Qui sur ses sens troublés ait su prendre crédit.
Âb ! fasse le ciel équitable
' L'AmphitryoD lie Molière e si nu peu plus espi-ii fort que l'AmpiiUiyun de Piaule. Ckîlui-ci croit que son lepréaculani, sou double, est un veneficus, c'vsl-à' (lire un magicien, un sorci*'r, un euclianleur. Celte croyauccullaibj il le comique de sa sidiaiioD, en lui donnaul un m'tyi-n d'expliquer la re>semblance merveiiieuse qni existe euire Jupiler et lui. L'Amphitryon français, qoi rejeilu ces préjugés loin de lui, esi djns une pcrplcxilé bien plus grande, puisqu'il ne sali absolumCQt à quoi ailribaer cette nspcoe de prcslige; it sa silu:ition en est aussi beauronp plus plaisante. (An^er.)
512 AMPHITRYON
Que ce penser soit vérilable.
Et que, pour mou bonheur, elle ait perdu i'espriir