‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 415 sur 479 · ACTE 111, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE Vil

SOSIE

Ah 1 de grâce, tout doux !

MEKCUBE.

Ahl vous y retournez!

Je TOUS ajusterai i'échine.

SOSIB.

Hélas ! brave et généreux moi, Modère- toi, je t'en supplie.

Sosie, épargne un peu Sosie, Et ne te plais point tant à frapper dessus toi^

MEnCCRE.

Qui de t'appeler de ce nom

A pn te donner la licence?

Ne t'en ai-je pas fait une expresse défense, Sous peine d'essuyer mille coups de bâton?

SOSIE

C'est un nom que tous deux nous pouvons à la fois

Posséder sous un même maître.

Pour Sosie en tous lieux on sait me reconnoitre;

Je souffre bien que tu le sois,

Souffre aussi que je le puisse être.

Laissons aux deux Ân^philryons

Faire éclater des jalousies;

Et, parmi leurs contentions.

Faisons en bonne paix vivre les deux Sosies.

MERCURE

Non, c'est assez d'un seul, et je suis obstiné A ne point souffrir de partage.

SOSIE

Du pas devant sur moi tu prendras Tavantage; Je serai le cadet, et tu seras l'aîné.

Non ! un frère incommode, et n'est pas de mon goût, Et je veux être fils unique.

Je suis mon, au secours! Ëpar^juc-inoi, de graco! So6ic, bêlas! Ui main sur loi-mèine su lasse; Tu frappes sur Sosie, arr4l«, épargaa-loi f

MERCURE

Ce paKe-lemps me plaît. J'aime ù frapper sur mui. (Roirou.)

5S4 AMPUITEYON.

SOSIE

0 cœur barbare et tyranniquel Soufîre qu'au inoius je sois ton ombre.

MEReURE.

Point du tout.

SOSIE

Que d'un peu de pitié ton aine s'humanise ; En cette qualité souffre-moi près de toi : Je te serai partout une ombre si soumise, Que tu seras content de moi.

MERCURE

Point de quartier; immuable est la loi. Si d'entrer là dedans tu prends encor Taudace, Mille coups en seront le fruit.

SOSIE

Las! à quelle étrange disgrâce, Pauvre Sosie, es-tu réduit !

Quoi! ta bouche se licencie .i te donner encore un nom que je défends!

SOSIE

Non, ce nest pas moi que j entends; Et je parle d'un vieux Sosie Qui fut jadis de mes parents, Qu'avec très grande barbarie, A l'heure du dîner, Ton chassa de céans.

MERCURE

Prends garde de tomber dans celte frénésie. Si tu veux demeurer au nombre des vivants.

SOSIE, à pat-l.

Que je te rosserois si j'avoîs du courage, Double Gis de putain, de trop d'orgueil enflé!

MERCURE

Que dis-lu?

SOSIE

Rien.

MERCURE

Tu tiens, je crois, quelque langage, sosir.

Demandez, je n'ai pas soufflé.

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