SCÈNE I. — CLAUDliNE, LUBIN
CLAUaiNE.
Oui, j'ai bien deviné qu'il falloit que cela vint de loi, et que tu l'eusses dit à quelqu'un qui Tait rapporté à notre maître.
LUBIN
Par ma foi, je n'en ai touché qu'un petit mot, en passant, à un homme, afln qu'il ne dit point qu'il m'avoit vu sortir; et il faut que les gens , en ce pays-ci , «oient de grands babillards!
Vraiment, ce monsieur le vicomte a bien choisi son monde, que de te prendre pour son ambassadeur; et il s'est allé ser- \ir là d'un homme bien chanceux.
SSSt GEORGE DANDIN.
LVBIN,
Va, une autre fois je serai plus un, et je prendrai mieux l^arde à moi.
CLAUDINE
Oui, oui, il sera temps I
LDBIN.
Ne partons plus de cela. Ëcoute. '
CLAUDINE
Que veui-tu que j'éeoute?
LUBIN
Tourne un peu ton visage devers moi.
CLAUDINE
Hé bien ! qu*eslp-ce?
LUBIN
Claudine?
CLAUDINE
Quoi?
Hé ! là ! ne sais-tu pas bien ce que je veux dire?
CLAUDINE
Non.
LUBIN
Morgue ! je f aime.
CLAUDINE
Tout de bon?
LUBIN
Oui , le diable m^emporte ! tu peux me croire , puisque j'en jure.
CLAUDINE
A la bonne heure.
LUBIN
Je me sens tout tribouiller > le cœur quand je te regarde.
CLAUDINE
Je m'en réjouis.
LUBIN
Gomment est-ce que tu fais pour être si jolie?
CLAUDINE
Je fais comme font les autres.
LUBIN
Vois-tu, il ne faut point tant de beurre pour faire un
^ Trcubletf remuer le cœur.