‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 437 sur 479 · II · texte numérisé non relu

II

554 GEORGE DANDIN

CLAUDINE

Ah ! doucement. Je n'aime point les patineurs.

LUBIM.

Ué ! un petit brin d^aniilié.

Laisse-moi là, le dis-je; je n>n tends pas raillerie.

LDBIN.

Claudine.

CLAUDINE, rapouMaot Labia.

Hai!

LUBIN

Ah 1 que tu es rude à pauvres gens ! Fi ! que cela est malhonnête de refuser les personnes! N^as-lu point de honte d'être belle, et de ne vouloir pas qu^on te caresse? Hé! làl

CLAUDINE

Je te donnerai sur le nez.

LUBIN

Oh! la farouche! la sauvage I Fi! pouah! la vilaine, qui est cruelle !

CLAUDINE

Tu t'émancipes trop.

LUBIN

Qu'est-ce que cela te coûleroit de me laisser un peu faire?

CLAUDINE

Il faut que tu te donnes patience.

LUBIN

Un petit baiser seulement, en rabattant sur notre mariage.

CLAUDINE

Je suis votre servante.

Claudine, je t'en prie, sur Tet-tant-moins ^

CLAUDINE

Hél que nenni! J'y ai déjà été attrapée'^. Adieu. Va-t'en,

' Celte expression, peu connue, est empruntée de la pratique, et signifie en dédticUon : Je vous donnerai cela sur et tant moin$ de ce que je vous dois.

(B.el.)

' Celte plaisanterie est empruntée au premier conte du sieur d'Ouville : une jeune fille ayant été un an durant fiancée avec un jeune homme de fort boane volonté, il la sollicita plusieurs fois pendant celte année de contenter ses désirs; mais elle fui sourde à ses prières, et ne lui voulnt rien accorder. Le jour du mariage, comme on les eut laisses seuls : « Eh bien, ma mie, lui dil-il, je vous veux franchement avouer que vous avez très bien fait de ne me rieo accorder avant notre mariage; car, si vous eussiez été lacile, je vous proleste qbe je do

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