SCÈNE I. - CLITANDRE. LUBIN
La nuit est avancée, et j'ai peur qu'il ne soit trop tard. Je ne vois point à me conduire. Lubin !
568 GEORGE DANDIN
LOBIN.
Monsieur.
CLITANDRE
Esirce par ici?
LDBIN.
Je pense que oui. Morgue! voilà une sotte nuit, d^étre si noire que cela !
CLIT ANDRE
Elle a tort, assurément; mais si, d'un côté, elle nous empêche de voir, elle empêche, de l'autre, que nous ne soyons vus.
LUBIN
Vous avez raison, elle n'a pas tant de tort. Je voudrois bien savoir, monsieur, vous qui êtes savant, pourquoi il ne fait point jour la nuit?
CLITANDRE
C'est une grande question, et qui est difficile. Tu es curieux, Lubin.
LUBIN
Oui ; si j'avois étudié, j'aurois été songer à des choses où ou n'a jamais songé.
Je le crois. Tu as la mine d'avoir Tesprit subtil et pénétrant
LUBIN
Cela est vrai. Tenez, j'explique du latin, quoique jamais je ne l'aie appris; et voyant l'autre jour écrit sur une grande porte collegium, je devinai que cela vouloit dire collège.
CLITANDRE
Cela est admirable 1 Tu sais donc lire, Lubin ?
LUBIN
Oui, je sais lire la lettre moulée; mais je n'ai jamais su apprendre à lire l'écriture.
CLITANDRE
Nous voici contre la maison. (Après aroir frappé dans ses maint.)
C'est le signal que m'a donné Claudine.
LUBDf.
Par ma foi, c'est une fille qui vaut de l'argent; et je l'aime de tout mon cœur.
CLITANDRE
Aussi t'ai-jc amené avec moi pour l'entretenir.