‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 455 sur 479 · SCÈNE I. - CLITANDRE. LUBIN · texte numérisé non relu

SCÈNE I. - CLITANDRE. LUBIN

La nuit est avancée, et j'ai peur qu'il ne soit trop tard. Je ne vois point à me conduire. Lubin !

568 GEORGE DANDIN

LOBIN.

Monsieur.

CLITANDRE

Esirce par ici?

LDBIN.

Je pense que oui. Morgue! voilà une sotte nuit, d^étre si noire que cela !

CLIT ANDRE

Elle a tort, assurément; mais si, d'un côté, elle nous empêche de voir, elle empêche, de l'autre, que nous ne soyons vus.

LUBIN

Vous avez raison, elle n'a pas tant de tort. Je voudrois bien savoir, monsieur, vous qui êtes savant, pourquoi il ne fait point jour la nuit?

CLITANDRE

C'est une grande question, et qui est difficile. Tu es curieux, Lubin.

LUBIN

Oui ; si j'avois étudié, j'aurois été songer à des choses où ou n'a jamais songé.

Je le crois. Tu as la mine d'avoir Tesprit subtil et pénétrant

LUBIN

Cela est vrai. Tenez, j'explique du latin, quoique jamais je ne l'aie appris; et voyant l'autre jour écrit sur une grande porte collegium, je devinai que cela vouloit dire collège.

CLITANDRE

Cela est admirable 1 Tu sais donc lire, Lubin ?

LUBIN

Oui, je sais lire la lettre moulée; mais je n'ai jamais su apprendre à lire l'écriture.

CLITANDRE

Nous voici contre la maison. (Après aroir frappé dans ses maint.)

C'est le signal que m'a donné Claudine.

LUBDf.

Par ma foi, c'est une fille qui vaut de l'argent; et je l'aime de tout mon cœur.

CLITANDRE

Aussi t'ai-jc amené avec moi pour l'entretenir.

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