ACTE ill, SCËNË iV â7l
ble. De quoi s'avise-l-il aussi, d'être jaloux de sa femme, et de vouloir qu'elle soit à lui tout seul? C'est un impertinent, el monsieur le vicomte lui fait trop d'honneur. Tu ne dis mot, Claudine? Allons, suivons-les; et me donne ta petite menotte, que je la baise. Ah ! que cela est doux! Il me semble que je mangé des confitures. (A George Daodin, qu'il preod toujours pour Claudine, et qui le rpponsse rudement.] Tudieu I comme VOUS
y allez! voilà une petile menotte qui est an peu bien rude.
GEORGE DANDIN
Qui va là?
LCBIN.
Personne.
GEORGE DANDIN
Il fuit, et me laisse informé de la nouvelle perfidie de ma coquine* Allons, il faut que, sans tarder, j'envoie appeler son père et sa mère, et que cette aventure me serve à me faire séparer d'elle. Holà ! Colin ! Colin !
SCÈNE IV. — ANGÉLIQUE, CLITANDRE , CLAUDINE, LUBIN, assis au fond du théàiro; GEORGE DANUIN, COLIN.
COLIN, à la Ipnèlio.
Monsieur!
Allons, vile ici-bas.
COLIN, saulanl par la fenêtre.
M'y voilà, on ne peut pas plus vite.
GEORGE DANDIN
Tu es là ?
COLIN
Oui, monsieur.
(Pendant que George D.indin va chercher Colin du côte où il a onietitiii sa voix, C' lin passo de l'aulre, et s'endorl.)
GEORGE DANDIN, se tournanl du côte Où il croit qu'est Colin.
Doucement. Parle bîis. Écoute. Va-t'en chez mon beaupère el ma helle-mére , et dis que je les prie très ihslam-% ment de venir tout à Theure ici. Entends-tu? Mél Colin! Colin I
COLIN, de l'autre côte, se réveillanl.
Monsieur!
GEORGE DANDIN
OÙ diable es-tu ?
Sri GEORGE DÂNDIN.
GOLIN.
GEORGE DANOIM.
Peste eoit da maroufle, qui s'éloigne de moi ! (Pendant que
Oewge Desdin reloarne de c6ié où il croii que Cdin est reslë, Colio, à noitië eDdormi, pane de Taotre cftté, et le reodort.) Je te dis que tu ailles de
ce pas trouver mon beau-père et ma belle-mère, et leur dire que je les conjure de se rendre ici tout à Theure. M^entends-tu bien? Réponds. Colin I Colin!
COLIN, de l'autre cAlé, le rëTeillani.
Monsieur !
GEORGE DANDIN
Voilà un pendard qui me fera enrager. Viens-t'en à moi.
(Ilsfe rencontrent, et tombent toosdeax.) Ab! le traître! il m*a estropié ! Où est-ce que tu es? Approcbe, que je te donne mille coups. Je pense qu'il me fuit.
GOLIN.
Assurément.
Veux-tu venir?
Nenniy ma foi.
Viens, te dis-je.
GEORGE DANDIN
COLIN
GEORGE DANDIN
COLIN
Point. Vous me voulez battre.
GEORGe DANDIN.
Hé bien ( non, je ne te ferai rien.
COLIN
Assurément?
GEORGE DANDIN
Oui. Approcbe. (A Colio, qu'il tienl par le bras.) Bon 1 Tu eS bien
heureux de ce que j'ai besoin de toi. Va-t'en \ile, de ma part, prier mon beau-père et ma belle-mère de se rendre ici le plus tôt qu^ils pourront, et leur dis que c'est pour une affaire de la dernière conséquence; et, s'ils faisoient quelque difÛculté, à cause de l'heure, ne manque pas de les presser, et de leur bien faire entendre qu'il est très important qu'ils viennent, en quelque état qu'ils soient. Tu m'entends bien maintenant?