SCÈNE II. - DON JUAN, SGANARELLE, LA VIOLETTE, RAGOTIN
LA VIOLETTE
Monsieur, voilà votre marchand, monsieur Dimanche, qui dentaude à vous parler.
'ImilatioD de VAndrienne, de Térence, acte 1", scène il.
SGANARELLE
Bon. Voilà ce qu'il nous faut, qu'un compliment de créancier. De quoi s'avise-t-il de nous venir demander de Targent; et que ne lui disois-tu que monsieur n'y esi pas?
LA VIOLETTE
Il y a trois quarts d'heure que je le lui dis ; mais il ne veut pas le croire, et s'est assis là-dedans pour attendre.
SGANARELLE
Qu il attende tant qu'il voudra.
DON JUAN
Non, au contraire, faites-le entrer. C'est une fort mauvaise politique que de se faire celer aui créanciers. 11 est bon de les payer de quelque chose ; el j'ai le secret de les renvoyer satisfaits sans leur donner un double.
SCÈNE III. — DON JUAN, MONSIEUR DIMANCHE, SGANARELLE, LA VIOLETTE, RAGOTIN.
DON JUAN
Ah 1 monsieur Dimanche; approchez. Que je suis ravi de vous voir, et que je veui de mal à mes gens de ne vous pas faire entrer d'abord ! J^avois donné ordre qu on ne me fît parler à personne ; mais cet ordre n'est pas pour vous, et vous êtes en droit de ne trouver jamais de porte fermée chez moi.
MONSIEUR DIMANCHE
Monsieur, je vous suis fort obligé.
DON JUAN, parlant i la Violette et à Ragotin.
Parbleu 1 coquins, je vous apprendrai à laisser monsieur Dimanche dans une aiilichambre, et je vous ferai connoitrc les gens.
MONSIEUR DIMANCHE
Monsieur, cela n'est rien.
DON JUAN, à moDsienr Dimanche
Comment! vous dire que je n'y suis pas, à monsieur Dimanche, au meilleur de mes amis I
Monsieur, je suis votre serviteur. J'étois venu...
DON JUAN
Allons, vile, un siège pour monsieur Dimanche.