V. — A l'abbé Venuti
A Clérac»
Paris, 47 mars 4739.
J'ai reçu monsieur , la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, avec beaucoup plus de joie que je n'aurois cru, parce que je ne savois pas que M. l'abbé de Glérac , que j'honorois déjà beaucoup, fût le frère de M. le chevalier Venuti ^ avec qui j'ai eu le plaisir de contracter amitié à Florence , et qui m'a procuré l'honneur d'une place dans l'Académie de Cortone. Je vous supplie, monsieur, d'avoir pour moi les mêmes bontés qu'a eues monsieur votre frère. M. Campagne m'a écrit le beau présent que vous lui avez remis pour moi, dont je vous suis infinioSent obligé. M. Baritaut m'avoit déjà fait lire une partie de cet ouvrage ; et ce qui m'a touché dans vos dissertations , c'est qu'on y voit un savant qui a de l'esprit : ce qui ne se trouve pas toujours.
Vous êtes cause , monsieur, que l'Académie de Bordeaux me presse l'épée dans les reins pour obtenir un arrêt du conseil pour la créa^ tien de vingt associés au lieu de vingt élèves. L'envie qu'elle a de vous avoir, et la difficulté d'autre part que toutes les places d'as* sociés sont remplies, fait qu'elle désire de voir de nouvelles places créées. Les affaires de M. le cardinal de Polignac et d'autres font que cet arrêté n'est pas encore obtenu. J'écris à nos messieurs que cela ne doit pas empêcher ; et que vous méritez, si la porte est fermée , que l'on fasse une brèche pour vous faire entrer. J'espère , monsieur, que l'année prochaine, si je vais en province, j'aurai