XXXV. — Au CHEVALIER d'AYDIBS
Bordeaux, ce 44 janvier 4749.
Dites -moi, mon cher chevalier, si vous voulez aller mardi à Lisle- Belle, et si vous voulez que nous y allions ensemble; si cela est, je serai enchanté 4u séjour et du chemin.
Vous êtes adorable, mon cher chevalier; votre amitié est précieuse comme For ; je vais m'arranger pour profiter de votre avis , et être à Paris avant le départ de cet homme qui distribue la lumière. Mais, mon Dieu, vous serez à Plombières, et je serai bien malheureux de jouer aux barres I Vous ne me mandez point la raison qui vous détermine ; je m'imagine que c'est votre asthme , et j'espère que cela n'est que précaution , et que vous n'en êtes pas plus fatigué qu'à l'ordinaire. Je ne compte pas trouver non plus Mme de Mirepoix à Paris; on me dit qu'elle est sur son départ. Mon cher chevalier, je vous prie d'avoir de l'amitié pour moi ; je vous la demande comme si je ne pouvois pas me vanter que vous me l'avez accordée ; et , quant à la mienne , il me semble que je vous la donne à chaque instant. Je quitte ce pays-ci sans dégoût , mais aussi sans regret. Je vous prie de vous souvenir de moi , et d'agréer les sentimens du monde les plus respectueux et les plus tendres.